L'ADN n'a pas parlé dans l'affaire Grégory

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L'ADN N'A PAS PARLÉ DANS L'AFFAIRE GRÉGORY
L'ADN N'A PAS PARLÉ DANS L'AFFAIRE GRÉGORY

PARIS (Reuters) - Les analyses ADN menées sur les vêtements du petit Grégory et sur les cordelettes qui maintenaient son corps n'ont pas permis d'identifier un nom parmi les personnes figurant au dossier de cet homicide commis en 1984, a dit mercredi le procureur général de Dijon.

Plusieurs ADN complets et partiels ont été découverts grâce à ces analyses ordonnées en septembre dernier et justifiées par les avancées de la science mais ils ne permettent pas de désigner un potentiel suspect, a-t-il dit.

"Il n'y a pas d'identification formelle d'un quelconque protagoniste du dossier, connu, dont les noms ont circulé ou pas depuis maintenant bientôt 29 ans", a déclaré Jean-Marie Beney, lors d'une conférence de presse.

Les expertises ADN avaient été ordonnées par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon pour tenter de lever le mystère qui plane sur le meurtre de Grégory Villemin, le 16 octobre 1984 dans les Vosges.

Le corps du petit Grégory, quatre ans, avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, à Lépange-sur-Vologne, son village. Sa mort reste une des affaires judiciaires les plus retentissantes de ces trente dernières années en France.

Bernard Laroche, un parent, avait été mis en examen pour le meurtre, puis libéré, en raison d'erreurs de procédure notamment. Il a été abattu par le père de l'enfant avant que la mère, Christine Villemin, soit elle-même poursuivie. La cour d'appel de Dijon l'a finalement innocentée en 1993.

Les ADN récupérés ont été comparés au profil des 280 personnes inscrites dans le dossier au fil de sa réouverture, a précisé le procureur.

Seuls deux profils ont pu être identifiés : celui d'un enquêteur dont l'ADN partiel a été retrouvé sur une lettre anonyme et celui de l'enfant, dont l'ADN complet était présent sur son tee-shirt. "Ce qui est normal mais ce qui prouve que quand on a une empreinte de qualité, 29 ans après, on sait trouver un nom", a insisté le procureur.

Un ADN complet a d'autre part été retrouvé sur le pull-over de l'enfant, sans pouvoir être identifié.

"A ce stade, le dossier n'est pas fermé (...) Les espoirs de mettre scientifiquement un nom s'amenuisent", a toutefois ajouté le magistrat, soulignant que l'enquête devait rester "proportionnelle" et "proportionnée" à ce dossier.

Marion Douet, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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