L'action RWE au plus bas de 24 ans; difficultés en GB

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(Actualisé avec ces précisions, citations, cours de Bourse) par Christoph Steitz FRANCFORT, 13 août (Reuters) - L'action RWE RWEG.DE a touché jeudi matin un plus bas de 24 ans en raison de difficultés en Grande-Bretagne, augmentant la pression sur la deuxième société allemande de services aux collectivité pour qu'elle suive l'exemple du concurrent E.ON EONGn.DE en se débarrassant des centrales déficitaires. Des difficultés de facturation en Grande-Bretagne ainsi qu'une perte d'abonnés ont affecté le résultat semestriel de sa filiale locale et obligé RWE à projeter désormais pour elle un bénéfice d'exploitation bien inférieur aux 227 millions d'euros de l'an passé, alors qu'il anticipait auparavant une légère hausse. L'action a perdu jusqu'à 5,9% en Bourse de Francfort, à son cours le plus bas depuis août 1991, réagissant aussi à une réduction de plus de moitié du bénéfice semestriel de la filiale de production d'électricité conventionnelle. "Franchement, c'est rageant que la restructuration de la société prenne autant de temps et que RWE ne s'inspire pas d'E.ON en se séparant de ses centrales électriques conventionnelles", explique un trader. Le groupe allemand est confronté à la crise la plus grave de ses 117 années d'existance, sous l'effet combiné de prix de gros de l'électricité ultra-bas, de son exposition au charbon et au gaz et d'une présence limitée dans les énergies renouvelables. "Nous continuons à faire face à de solides obstacles", a dit le président du directoire Peter Terium à la presse. "La crise de la production d'électricité conventionnelle, en particulier, continue de nous causer bien des difficultés". RWE, qui a vu son résultat opérationnel chuter de 11% à 2,03 milliards d'euros, un chiffre inférieur au consensus Reuters qui s'établissait à 2,11 milliards d'euros, a dit que les problèmes de facturation en Grande-Bretagne ne seraient pas réglés avant la fin 2016. Le groupe allemand, qui a 5,6 millions de clients en Grande-Bretagne, a perdu quelque 100.000 abonnés chez les particuliers depuis la fin 2014 en raison d'une concurrence devenue plus dure et il a dû proposer des baisses de tarifs pour retenir sa clientèle. Alors que les énergies fossiles sont sous pression face à la progression des énergies renouvelables, RWE tire 60% de sa production d'électricité de centrales au charbon, contre 27% pour le numéro un allemand E.ON, qui a pris en novembre dernier la décision radicale de scinder ses centrales électriques, son activité de trading et ses actifs dans le pétrole et le gaz. Peter Terium a dit qu'il n'était pas tenté de suivre l'exemple d'E.ON mais il a ajouté qu'il y réfléchirait si la situation se dégradait encore. Le fournisseur d'énergie a sinon confirmé sa prévision d'un recul pouvant aller jusqu'à 10% de son bénéfice d'exploitation en 2015, à 3,6-3,9 milliards d'euros (consensus: 3,8 milliards). L'excédent brut d'exploitation (EBE, Ebitda) a baissé de 7% à 3,19 milliards d'euros au premier semestre (consensus: 3,25 milliards) et le bénéfice net ajusté a chuté de 27,5% à 543 millions d'euros (consensus: 760 millions), un résultat que RWE attribue surtout à des éléments de fiscalité. RWE, qui a présenté lundi un projet de réorganisation ID:nL5N10L3NN , anticipe toujours un Ebitda 2015 de 6,1 à 6,4 milliards d'euros (consensus: 6,3 milliards) et un bénéfice net de 1,1 à 1,3 milliard d'euros (consensus: 1,2 milliard) (Myriam Rivet et Wilfrid Exbrayat pour le service français)


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