L'acteur Omar Sy, le 16 mai 2012, à Paris au Conseil économique et social donne des cours de danse.

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L'acteur Omar Sy, alias Driss dans le film "Intouchables", s'est livré mercredi soir à un numéro de charme et à un exercice d'une grande générosité à Paris, où il a fait danser handicapés et valides dans la grande salle hypostyle du Conseil économique et social."Merci à tous d'être là !", a-t-il lancé sous les applaudissements et les cris de joie, en clôturant une journée organisée à l'occasion du lancement du manifeste, "Tous Intouchables '" (Bayard), co-signé par les instigateurs du film d'Eric Toledano et Olivier Nakache et les fondateurs de plusieurs associations d'aide aux personnes handicapées."Si le film peut faire avancer les choses, tant mieux, mais si on en fait tous un petit peu chacun, au bout d'un moment ça grandira", a ajouté l'acteur, qui a entraîné les participants dans une danse endiablée à travers la salle."Non, on n'a pas vu +Intouchables+ ! Pas de bras, pas de chocolat ! Je blague !", lance David, grand gaillard barbu de 36 ans, la tête renversée dans son fauteuil roulant, le regard espiègle et un grand sourire aux lèvres.David et ses amis se succèdent au sein d'ateliers, témoignent, regardent des films, échangent. Entre deux interventions, résonnent les notes endiablantes de "Boogie Wonderland" de Earth, Wind and Fire, sur lequel danse Driss (alias Omar Sy) dans le film d'Eric Toledano et Olivier Nakache et sur lequel l'acteur a fait danser ses amis.David est venu témoigner de son quotidien lors de cette journée organisée par les associations l'Arche et Simon de Cyrène, qui font de la relation "improbable, risquée, mais permise" entre valides et non valides, le coeur de leur action.Sortir de sa réserveLeurs fondateurs, Jean Vanier (l'Arche), Laurent de Chérisey (Simon de Cyrène) et Philippe Pozzo di Borgo, riche tétraplégique, dont l'histoire a inspiré le film, ont co-écrit "Tous Intouchables '". Ils y développent l'idée que pour sortir le handicap de l'enfermement, il faut "rapprocher les fragilités et s'appuyer sur la relation gratuite à l'autre"."Je suis râleuse, il est ronchon... Parfois c'est sanglant", dit Zoé, 19 ans, arrivée comme volontaire du service civil dans l'appartement de Simon de Cyrène qu'elle partage avec David et une dizaine d'autres personnes à Vanves. "C'est beaucoup plus drôle que je l'imaginais", ajoute-t-elle, rieuse mais pudique."Au début, j'ai envoyé balader tout le monde... Zoé est la seule qui m'a tenu tête", enchaîne David. "C'est lui qui m'a fait sortir de ma réserve", ajoute Zoé. "Je lui dit : +arrête de jouer les victimes+... Ce n'est pas parce qu'il est handicapé, qu'il a le droit de se comporter n'importe comment", poursuit Zoé."C'est vrai, acquièsce David. D'ailleurs, à Simon de Cyrène comme partout, si on dépasse les limites, celles du respect, on est sanctionné".Plus loin, Sophie, la non-valide, 23 ans, et Clémence, la valide, 24 ans, racontent comment est née leur "amitié" à un moment où elles n'avaient pas envie de se retrouver dans un foyer de l'Arche à Compiègne, après avoir été hébergées en "famille d'accueil".En ouvrant la journée, Abdel Sellou, le Driss du film, a lancé: "essayez juste de regarder un peu autour de vous ! Vous retrouverez plus tard ce que vous avez semé !"."On est tous des intouchables et la lettre la plus importante c'est le "S", celui de solidarité", a répondu Philippe Pozzo di Borgo.

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