L'acte II de la recomposition du secteur télécoms est en marche

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L'ACTE II DE LA RECOMPOSITION DES TÉLÉCOMS EST EN MARCHE
L'ACTE II DE LA RECOMPOSITION DES TÉLÉCOMS EST EN MARCHE

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Orange pourrait jouer les invités surprises dans l'acte II de la recomposition du marché français des télécoms qui apparaît désormais inéluctable avec Bouygues Telecom en acteur principal et l'Etat en apprenti metteur en scène.

Tous les scénarios avaient été imaginés depuis l'annonce de la vente de l'opérateur SFR à Numericable, point de départ de la réorganisation du secteur, sauf celui d'un rachat de la filiale de Bouygues par le numéro un français des télécoms.

Des sources ont déclaré jeudi soir à Reuters que l'opérateur historique menait des discussions avec son concurrent portant entre autres sur l'opportunité d'un rapprochement capitalistique, confirmant des informations des Echos.

Ce scénario laisse sceptique une grande partie des analystes et spécialistes du secteur qui s'attendent à de fortes réticences de la part des autorités de concurrence et jugent davantage pertinente l'hypothèse régulièrement évoquée d'un mariage avec le numéro quatre du mobile Free (Iliad).

Ils se gardent toutefois de balayer d'un revers de main la possibilité d'un rapprochement Orange-Bouygues Telecom face à la volonté du gouvernement de ramener à trois le nombre d'acteurs du mobile pour mettre un terme à la guerre dévastatrice des prix et sauver le malade Bouygues Telecom.

"Le gouvernement se bat pour reconstruire le secteur des télécoms en ruines", a réaffirmé ce vendredi le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, selon lequel des discussions "multiples" sont en cours entre les acteurs du secteur.

En début de semaine, il avait déjà martelé qu'un retour à trois opérateurs se ferait ajoutant : "ça tombe bien, nous sommes actionnaires d'un opérateur et pas le moindre", en référence à Orange dont l'Etat détient 27%.

"Il est clair que le secteur va devoir bouger d'une manière ou d'autre que ce soit par des rapprochements d'accord ou des accords de partage de réseau. Mais est-ce-que ce sera Orange, Free, Numericable ?", s'interroge une source du secteur. "Bien malin celui qui peut dire aujourd'hui comment tout cela va se terminer".

FAIRE MONTER LES ENCHÈRES AVEC ILIAD

En Bourse, l'action de Bouygues progresse de 3,41% à 32,77 euros en milieu de journée, tandis qu'Iliad bondit de 5,83% et Orange avance de 0,49%.

"L'intérêt évident pour Bouygues de discuter avec Orange est de faire monter les enchères et de forcer éventuellement Iliad à faire une contre-offre plus élevée", soulignent les analystes d'Aurel-BCG dans une note.

Selon l'une des sources, une éventuelle opération avec Orange valoriserait Bouygues Telecom à au moins six milliards alors que Bouygues et son partenaire JCDecaux (qui détient 10% de Bouygues Telecom) profiteraient de la vente pour se faire payer en actions et monter au capital d'Orange.

Free ne proposerait, lui, que quatre ou cinq milliards.

"Bouygues veut faire monter les enchères, l'Etat, à travers Orange, veut montrer qu'il garde la main sur le dossier", fait valoir un trader en poste à Paris.

L'intérêt apparaît en revanche moins évident pour Orange, soulignent des spécialistes du secteur.

Le groupe, qui s'était jusque-là auto-exclu des mouvements de consolidation du fait de sa position de leader dans le fixe comme dans le mobile, pourrait certes revenir dans le jeu et profiter d'un marché apaisé restreint à trois acteurs.

L'OBSTACLE CONCURRENTIEL

"Orange profiterait tout autant d'un redressement du marché si Iliad et Bouygues Telecom fusionnaient et cela sans avoir à débourser six milliards. Iliad-Bouygues Tel c'est la meilleure option pour Orange", souligne cependant un banquier.

D'autres spécialistes du secteur pointent du doigt les difficultés importantes d'une telle opération au regard des autorités de concurrence qui pourraient demander des concessions telles qu'elles réduiraient l'intérêt du projet.

Les analystes de Berenberg soulignent quant à eux que l'examen du texte relèverait de Bruxelles et non des autorités françaises au vu des règles de répartition en vigueur.

"La fusion ferait l'objet d'un examen approfondi par les autorités européennes, car l'entité combinée aurait 49% de parts de marché dans le mobile en termes d'abonnés (...) et 48%", dans le fixe", expliquent-ils.

Dans ce jeu de poker menteur, Berenberg qui estime à 50% la probabilité d'une consolidation des télécoms en France conseille de jouer la carte Iliad, le grand gagnant dans tous les scénarios.

Evalué à 15% dans le cas d'un mariage Iliad-Bouygues Tel, le potentiel de hausse du titre grimperait à 50% dans le cas d'un mariage Orange-Bouygues Tel car le groupe dirigé par Xavier Niel profiterait des concessions probables réclamées par les autorités de concurrence et récupèrerait ainsi à bon prix réseau et fréquences, souligne Berenberg.

(Avec Matthieu Protard, Sophie Sassard et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • gstorti le vendredi 16 mai 2014 à 17:54

    Bouygues avec le soutien de notre "ARNAUD" maison, n'a pu acquérir SFR, cadeaux subsidiaire, reprise plein bu par Orange. Et oui notre PS anti capitaliste..., et une société de 9000 salariés, qui doit licencié 2000 personnes, serait reprisent par une société de 100000 personnes, dont la moitié de fonctionnaires, et qui as surement 30000 salarié de trop, va sauver les 2000 Bouygues, bien sur cela se fera sur le dos des petits actionnaires. Car l'échange en actions, en les créant à 4€.

  • gstorti le vendredi 16 mai 2014 à 17:42

    Je ne vois pas, l'intérêt pour Orange, il va devoir céder ses actifs réseaux pour une bouché de cacahuètes, a un concurrent .Piranhas? Comme cette société, finalement est "PUBLIC", les petits actionnaires comme moi, devrions faire les frais des chaises musicales des fonctionnaires, vorace, qui ne pensent d'abord et exclusivement à leurs petits intérêts, et à ceux de leurs amis.