L'acier européen subit une concurrence déloyale

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L'ACIER EUROPÉEN FACE À UNE CONCURRENCE DÉLOYALE
L'ACIER EUROPÉEN FACE À UNE CONCURRENCE DÉLOYALE

LONDRES (Reuters) - Les aciéries européennes perdent des parts de marché au profit d'importations à bas prix provenant de pays comme la Chine, dans lesquelles les sidérurgistes bénéficient d'une protection locale, estime la fédération professionnelle Eurofer.

La demande d'acier a augmenté de 4% environ dans l'Union européenne cette année mais un bond de 22% des importations implique que les livraisons locales effectuées par des sidérurgistes européens n'ont progressé que de 1,5%, ajoute Eurofer dans un rapport publié mardi.

Parmi les entreprises membres d'Eurofer figurent des poids lourds tels qu'ArcelorMittal, ThyssenKrupp et Voestalpine.

"La multiplication de pratiques commerciales déloyales de la part de pays producteurs d'acier hors UE ne permet pas aux producteurs de l'UE de faire jeu égal, ce qui réduit sans cesse leurs marges", a déclaré le directeur d'Eurofer, Axel Eggert.

L'acier européen a du mal à se remettre de la crise financière et pâtit en particulier d'une chute de la demande d'un quart depuis 2008.

Le mois dernier, Tata Steel, le deuxième sidérurgiste européen, a dit qu'il ne s'attendait pas à une amélioration rapide des conditions de marché. Son concurrent ArcelorMittal s'est montré plus positif dans ses prévisions pour l'UE.

Pour Eurofer, les autorités européennes doivent employer des outils tels que les droits anti-dumping pour protéger une industrie qui représente 1,3% du PIB de l'UE et emploie indirectement des millions d'Européens.

La fédération évalue à 500 millions de tonnes environ les surcapacités mondiales, dont 200 millions pour la Chine seule.

En dehors des importations à bas prix, les sidérurgistes européens sont confrontés à des droits élevés attachés aux matières premières telles que le minerai de fer et le coke de par le monde, explique Eurofer.

"Des négociations en vue d'un accord de libre échange avec les grandes économies émergentes, riches en ressources, ne sont pas conclues alors que des mesures protectionnistes se multiplient dans toutes les régions productrices du monde à l'exception de l'UE", ajoute l'organisation.

(Maytaal Angel, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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