L'accord Turquie-USA contre l'Etat islamique prend corps

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* Ankara a ouvert ses bases aériennes à la coalition US * L'objectif est de repousser l'EI de la frontière turque * Selon la Turquie, d'autres pays, dont la France, pourraient s'y associer par Humeyra Pamuk ISTANBUL, 5 août (Reuters) - La Turquie a annoncé mercredi que la coalition mise en place par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique (EI) lancerait "prochainement" depuis les bases aériennes turques une "bataille globale" contre l'organisation extrémiste sunnite Etat islamique (EI) présente dans le nord de la Syrie. "Dans le cadre de notre accord avec les Etats-Unis, nous avons progressé pour ce qui concerne l'ouverture de nos bases, en particulier celle d'Inçirlik", a dit le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, à la chaîne publique TRT. "Nous assistons à l'arrivée d'avions américains avec ou sans pilotes et nous lancerons prochainement ensemble une bataille globale contre l'Etat islamique", a-t-il poursuivi en marge d'un déplacement en Malaisie. Ankara a opéré un changement radical en autorisant le mois dernier, à la suite de l'attentat suicide de Suruç, que des avions de la coalition mise en place par les Etats-Unis contre l'EI utilisent ses bases aériennes. La Turquie, pièce maîtresse de l'Otan sur son flanc sud-est, et les Etats-Unis collaborent à l'élaboration de plans visant à apporter une couverture aérienne à des rebelles syriens formés par les Etats-Unis opérant dans le nord de la Syrie et à repousser l'Etat islamique d'une bande de territoire sur la frontière avec la Turquie. Cette "zone de sécurité" pourrait couvrir un secteur de 80 km de long sur 25 km environ de large, au nord-est d'Alep. Au sol, une soixantaine de rebelles syriens lourdement équipés, formés par les Etats-Unis et incorporés dans une entité nommée "Nouvelles forces syriennes", pourraient réclamer un appui aérien. De sources diplomatiques, on observe que couper les voies d'accès du groupe djihadiste à ce secteur de la frontière, par lequel transitent combattants étrangers et approvisionnements, pourrait sensiblement modifier la donne. Mais la mise en oeuvre du plan est ardue: Washington a déclaré mardi qu'une demi-douzaine de membres de ces Nouvelles forces syriennes avaient été capturés ces derniers jours par des miliciens du Front al Nosra, une composante islamiste de la rébellion syrienne. D'après Cavusoglu, "se joindre (à ce plan) intéresse d'autres pays au sein de la coalition, comme la Grande-Bretagne et la France, tandis que parmi les pays de la région, il est possible que l'Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie y prennent part". La Turquie aurait proposé à plusieurs pays, dont la France, d'utiliser ses bases aériennes. Selon une source diplomatique française, une réflexion est en cours à ce sujet au Quai d'Orsay où l'on réaffirme toutefois le refus de toute intervention militaire en Syrie. La semaine dernière, lors du dîner de l'Association de la presse présidentielle, François Hollande a redit que la France n'entendait toujours pas intervenir militairement en Syrie, sous quelque forme que ce soit. (avec Tulay Karadeniz à Ankara et Marine Pennetier à Paris; Henri-Pierre André pour le service français)

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