L'accord sur le nucléaire ou une nouvelle guerre, avertit Obama

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par Julia Edwards et Doina Chiacu WASHINGTON, 5 août (Reuters) - Barack Obama a défendu mercredi dans un discours l'accord sur le nucléaire iranien face aux efforts menés par ses adversaires politiques et Israël pour le saborder, en estimant qu'abandonner cette voie de compromis aboutirait à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Invoquant les initiatives de paix de ses prédécesseurs John Kennedy ou Ronald Reagan en pleine guerre froide, Obama a estimé qu'un rejet de cet accord par le Congrès ne ferait qu'accélérer le processus de nucléarisation militaire de l'Iran et nuirait en outre gravement à la crédibilité internationale des Etats-Unis. "Il n'y aura pas d'alternative à des actions militaires si nous rejetons une solution diplomatique durement gagnée que le monde soutient de manière quasi unanime", a déclaré le président américain à l'American University de Washington, où Kennedy avait défendu en 1963 un traité d'interdiction des armes nucléaires avec l'Union soviétique. "Ne mâchons pas nos mots. Le choix auquel nous faisons face est tout bonnement celui de la diplomatie ou d'une guerre sous une forme ou une autre. Peut-être pas demain, peut-être pas dans trois mois, mais bientôt", a-t-il insisté. Ces déclarations d'Obama s'inscrivent dans les nombreux efforts déployés par l'administration Obama pour promouvoir l'accord conclu à Vienne le 14 juillet entre l'Iran et les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne). Ce compromis négocié pendant dix-huit mois et qui met fin à douze ans de contentieux sur ce dossier prévoit d'encadrer et surveiller les activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée progressive des sanctions à l'encontre de Téhéran. Selon Obama, l'accord de Vienne est "l'accord de non prolifération le plus solide jamais négocié". Si l'Iran triche, "nous pourrons les attraper et nous le ferons", a-t-il souligné. EN JEU, LA "CRÉDIBILITÉ DE L'AMÉRIQUE" "Si le Congrès tue cet accord, nous perdrons non seulement les restrictions sur le programme nucléaire iranien ou les sanctions que nous avons méticuleusement mises en place. Nous perdrons quelque chose de plus précieux, la crédibilité de l'Amérique, en tant que leader de la diplomatie, la crédibilité de l'Amérique en tant que point d'ancrage du système international", a-t-il dit. Les adversaires de l'accord aux Etats-Unis, principalement l'opposition républicaine, reprochent aux négociateurs américains de ne pas avoir obtenu assez de garanties pour empêcher l'Iran de développer une arme nucléaire et jugent que la levée des sanctions renforcera les moyens de Téhéran pour parvenir à la bombe A. "Au lieu de démanteler le programme nucléaire iranien, cet accord va le maintenir en place pour de bon", a dit le sénateur républicain John McCain en réaction au discours d'Obama. Son homologue Bob Corker, président de la commission sénatoriale des Relations extérieures, a déclaré qu'une rencontre entre des élus du Congrès et le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, mercredi, n'avait pas du tout été "rassurante". L'AIEA sera chargée de surveiller l'application de l'accord. Selon le Nuclear Review Act promulgué en mai dernier, le Congrès a jusqu'au 17 septembre pour approuver ou rejeter l'accord de Vienne. Un rejet du texte par les élus du Capitole pourrait fragiliser l'accord en supprimant la possibilité pour Obama de suspendre temporairement les sanctions américaines contre Téhéran. Le président américain a promis qu'il opposerait son veto à une motion de désapprobation, un veto auquel le Congrès ne pourrait passer outre qu'avec une majorité des deux tiers. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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