L'accord sur le nucléaire iranien doit être à l'abri des vetos-USA

le , mis à jour à 07:16
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par Louis Charbonneau NATIONS UNIES, 6 mai (Reuters) - Les Etats-Unis veulent être sûrs qu'un accord nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances du P5+1 comprenne une clause prévoyant le rétablissement des sanctions de l'Onu en cas de non respect de l'accord par Téhéran sans risquer un veto de la Russie et de la Chine, a déclaré mardi l'ambassadrice américaine à l'Onu. Près d'une semaine de négociations se sont achevées mardi soir à New York sur les modalités d'un accord définitif de réduction du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions contre la république islamique. Les négociations sur cet accord, qui interviennent après un premier accord sur les grandes lignes signé le 2 avril en Suisse, doivent en principe être bouclées pour le 30 juin. Les négociations au niveau des experts doivent se poursuivre pendant plusieurs jours. Les négociations entre l'Iran et l'Union européenne reprendront mardi prochain à Vienne et se poursuivront à partir du vendredi 15 mai avec les représentants des six grandes puissances (les cinq pays membres du Conseil de sécurité de l'Onu plus l'Allemagne). ID:nL5N0XW586 Les dernières discussions ont tourné autour d'une résolution à venir du Conseil de sécurité qui entérinerait l'accord nucléaire et annulerait la totalité des précédentes résolutions relatives aux sanctions. En revanche, l'embargo des Nations unies sur les missiles balistiques serait maintenu ainsi qu'un certain nombre d'autres restrictions. Les Etats-Unis et les pays européens veulent qu'un éventuel allégement des sanctions onusiennes soit automatiquement réversible pour le cas où l'Iran ne se conformerait pas à l'accord conclu. Les négociateurs utilisent le terme de "snapback". Le "SNAPBACK" CRUCIAL POUR LES OCCIDENTAUX Ce "snapback" est l'un des points les plus importants pour les gouvernements occidentaux qui craignent qu'une fois les sanctions de l'Onu suspendues contre l'Iran, elles ne soient difficiles à rétablir en raison de l'intention prêtée à la Chine et à la Russie de s'y opposer en utilisant leur droit de veto. Il n'est pas question, a fait comprendre l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power, que la Russie et la Chine rejouent dans le cas iranien le scénario des vetos qu'elles ont opposés aux résolutions sur la Syrie. "Nous allons le faire d'une façon qui ne nécessite pas l'approbation de la Russie et de la Chine, soit un vote de snapback (...), parce que nous sommes dans un monde différent en 2015 que celui dans lequel nous étions quand l'architecture des sanctions a été mise en place", a déclaré Samantha Power dans un entretien accordé à Bloomberg Television. Elle n'a pas donné de précisions. Rétablir les sanctions américaines et européennes est relativement facile, mais ce n'est pas le cas pour les sanctions de l'Onu. Si les Etats-Unis s'inquiètent de l'attitude de la Chine et de la Russie, Moscou, Pékin et Téhéran veulent de leur côté être certains que Washington ne pourra pas forcer unilatéralement à un snapback si les républicains arrivent au pouvoir à l'issue de l'élection présidentielle américaine de 2016. "Nous n'avons pas encore trouvé de mécanisme qui fonctionne pour tout le monde", a déclaré un diplomate. Le négociateur en chef iranien à New York a néanmoins dressé un bilan positif de la dernière série de discussions. "L'atmosphère des discussions a été bonne; il est possible de parvenir à un accord final pour le 30 juin", a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne. (Avec Parisa Hafezi à Ankara; Danielle Rouquié pour le service français)

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