L'accord de Paris sur le climat est entré en vigueur

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    par Alister Doyle 
    MARRAKECH, Maroc, 4 novembre (Reuters) - L'accord de Paris 
sur le climat, conclu lors de la COP21 en décembre 2015 à Paris, 
est entré en vigueur ce vendredi, qualifié de "jour historique 
pour la planète" par les autorités françaises. 
    A l'Onu, Patricia Espinosa, qui a succédé cet été à 
Christiana Figueres au poste de secrétaire exécutif de la 
Convention-cadre des Nations unies sur les changements 
climatiques (CCNUCC), a souligné que cette journée était une 
occasion de se réjouir. 
    "C'est aussi une occasion de nous projeter avec une 
évaluation sérieuse et une volonté renouvelée sur la tâche qui 
nous attend", ajoute l'ancienne ministre mexicaine des Affaires 
étrangères dans un communiqué. 
    "Dans un court laps de temps, et certainement dans les 
quinze prochaines années, il va nous falloir assister à des 
réductions sans précédent des émissions de gaz à effet de serre 
et à des efforts jamais vus pour construire des sociétés qui 
puissent résister aux impacts du réchauffement." 
    C'est dans les îles lointaines de l'océan Pacifique, les 
premières à changer de jour, que l'accord a commencé à entrer en 
vigueur: là même où des micro-Etats insulaires sont menacés par 
l'élévation progressive du niveau de l'océan. Kiribati, puis les 
îles Tonga, Tuvalu et les îles Marshall ont été ainsi les 
premières zones concernées. 
    Cette entrée en vigueur dans le Pacifique, "qui abrite des 
Etats insulaires vulnérables, lesquels ont tous ratifié 
l'accord, est l'un des moments les plus inespérés de 
l'histoire", a dit à Reuters Thoriq Ibrahim, ministre de 
l'Environnement des Maldives, Etat insulaire de l'océan Indien. 
    Thoriq Ibrahim présidera l'alliance des petits Etats 
insulaires lors des négociations qui réuniront près de 200 pays 
à Marrakech au Maroc, à partir de lundi et jusqu'au 18 novembre, 
pour la COP22, dont l'objectif sera de définir les moyens 
d'application de l'accord de Paris, en fixant des règles à un 
traité resté souvent vague. 
    L'accord de Paris vise à contenir "bien en dessous" de deux 
degrés Celsius la hausse des températures moyennes mondiales par 
rapport à la moyenne de l'ère pré-industrielle. Les Etats sont 
convenus en outre de "poursuivre les efforts" pour contenir la 
hausse à 1,5°. 
    Pour autant, les Nations unies ont déclaré jeudi que les 
émissions de gaz à effet de serre en 2030 devraient dépasser de 
12 à 14 milliards de tonnes ce qui devrait être leur volume pour 
pouvoir contenir le réchauffement global dans les limites fixées 
par l'accord de Paris. 
     
    L'OMBRE DE L'ÉLECTION AMÉRICAINE 
    L'entrée en vigueur de l'accord, moins d'un an après son 
annonce, a été rendue possible par sa ratification par au moins 
55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de 
serre de la planète. 
    La France a jugé que ce 4 novembre était "un jour historique 
pour la planète". 
    "Les engagements pris le 12 décembre dernier au Bourget sont 
désormais irréversibles", s'est félicité la présidence de la 
République, qui ajoute dans un communiqué que la rapidité de sa 
ratification est "la preuve que la communauté internationale a 
pris toute la mesure de l'urgence climatique et c'est le 
résultat de la mobilisation de la France dans le cadre de la 
présidence de la COP21 assurée par Ségolène Royal". 
    L'Elysée ajoute que François Hollande se rendra les 15 et 16 
novembre à la conférence de Marrakech. 
    L'élection présidentielle américaine du 8 novembre porte 
toutefois une ombre sur cet accord. En théorie, il faut quatre 
ans de formalités pour qu'un pays puisse le dénoncer. Mais le 
candidat républicain Donald Trump, qui dit douter que l'activité 
humaine soit à l'origine des changements climatiques, veut que 
les Etats-Unis se dégagent de l'accord. La candidate démocrate, 
Hillary Clinton, soutient quant à elle fermement l'accord de 
Paris. 
    L'émissaire américain pour le climat Jonathan Pershing a dit 
toutefois jeudi que même si Trump était élu à la Maison blanche, 
il verrait rapidement des avantages concrets à respecter 
l'accord. "Il y aura d'énormes avantages, sur le plan intérieur, 
à continuer de soutenir l'accord", juge Pershing. 
 
 (avec Nina Chestney à Londres et Valerie Volcovici à 
Washington; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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