L'accord de Paris sur le climat entrera en vigueur en novembre

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    * Les pays ayant ratifié représentent 56,75% des émissions 
    * Obama : "un tournant pour la planète" 
    * Les pays européens ont déclenché le seuil 
    * Ils ne voulaient pas être pris de vitesse par d'autres 
 
 (Actualisé avec précisions) 
    par Alister Doyle et Roberta Rampton 
    OSLO, 6 octobre (Reuters) - L'Accord de Paris sur la lutte 
contre le réchauffement climatique entrera en vigueur début 
novembre après avoir passé les seuils nécessaires de 
ratification grâce un certain nombre de pays européens, a 
annoncé l'Onu mercredi. 
    Barack Obama a parlé d'un "jour historique" pour la planète. 
    Pour entrer en vigueur, l'Accord de Paris devait avoir été 
ratifié par 55 pays responsables au total d'au moins 55% des 
émissions de gaz à effet de serre. 
    Soixante-douze Etats (sur 195) représentant 56,75% des 
émissions mondiales de gaz à effet de serre ont désormais 
ratifié l'Accord de Paris conclu au Bourget en décembre dernier, 
selon le site internet de l'Onu.  
    Les trois grands émetteurs que sont les Etats-Unis, la Chine 
et l'Inde l'ont ratifié récemment et le Parlement européen l'a 
approuvé mardi par 610 voix contre 38 et 31 
abstentions.  
    Il entrera officiellement en vigueur dans 30 jours, le 4 
novembre, soit quatre jours avant l'élection présidentielle du 8 
novembre aux Etats-Unis. Le candidat républicain Donald Trump y 
est opposé, la candidate démocrate Hillary Clinton le soutient. 
    Barack Obama a qualifié le franchissement de ce seuil de 
"journée historique dans le combat pour protéger notre planète 
pour les futures générations".  
    "Aujourd'hui, le monde est au rendez-vous et, si nous 
donnons suite aux engagements que cet accord de Paris 
représente, l'Histoire pourrait bien le juger comme un tournant 
pour notre planète", a déclaré le président des Etats-Unis qui 
s'est brièvement exprimé devant les journalistes à la Maison 
blanche.      
    Parmi les pays européens qui ont aidé à déclencher ce seuil, 
figurent l'Allemagne, l'Autriche, la France, la Hongrie, la 
Slovaquie et Malte. Ces pays, qui représentent ensemble 4% des 
émissions de gaz à effet de serre, ont chacun ratifié le texte. 
Ils ont officiellement déposé leurs instruments de ratification 
mercredi. 
     
    DU PAIN SUR LA PLANCHE 
    "Bon travail", a twitté le commissaire européen au Climat et 
à l'Energie, Miguel Arias Canete. 
    Les Européens ont avancé le dépôt officiel des documents au 
Nations unies pour une cérémonie qui était prévue vendredi, de 
peur que d'autres pays ne ratifient l'Accord entre temps et ne 
déclenchent l'entrée en vigueur. 
    "Nous ne voulions pas que l'on nous vole la vedette", a 
déclaré un diplomate de l'UE. 
    "Ce qui autrefois semblait impensable ne peut désormais plus 
être arrêté", a déclaré le secrétaire général des Nations unies 
Ban Ki-moon. 
    A la différence du précédent accord de l'Onu sur le climat, 
le Protocole de Kyoto de 1997, qui avait mis huit ans pour 
entrer en vigueur, et qui ne concernait que les pays riches, 
l'Accord de Paris aura été rapidement applicable. 
    Tous les protagonistes sont toutefois d'accord pour dire 
qu'il leur reste du pain sur la planche. Les engagements pris 
par les différents pays pour réduire leurs émissions de gaz à 
effet de serre sont déjà insuffisants pour parvenir à l'objectif 
fixé par le traité de Paris qui prévoit de limiter la hausse des 
températures mondiales à "bien en dessous de deux degrés Celsius 
par rapport aux niveaux préindustriels". 
    Selon les projections des études onusiennes, sur la base de 
la tendance actuelle, les températures moyennes mondiales 
devraient augmenter de trois degrés ou plus d'ici 2100. L'année 
2016 devrait être la plus chaude depuis que les statistiques ont 
commencé à être tenues au 19e siècle. 
    "Le test de crédibilité de l'Accord de Paris commence 
aujourd'hui", a déclaré Tracy Carty de l'organisation caritative 
Oxfam. Les gouvernements doivent relever leurs ambitions, 
a-t-elle ajouté. 
    Barack Obama est allé dans le même sens. L'Accord de Paris 
permettra de retarder ou d'éviter certaines des conséquences les 
plus graves du changement climatique, mais ne résoudra pas la 
crise climatique à lui seul, même si tous les objectifs sont 
remplis, a déclaré le président américain. 
 
 (Avec Michelle Nichols aux Nations unies; Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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