L'accord de Minsk, priorité de l'UE en Ukraine

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L'UE FAIT DU RESPECT DU CESSEZ-LE-FEU SA PRIORITÉ EN UKRAINE
L'UE FAIT DU RESPECT DU CESSEZ-LE-FEU SA PRIORITÉ EN UKRAINE

RIGA (Reuters) - L'Union européenne est prête si nécessaire à renforcer ses sanctions contre la Russie pour son implication dans le conflit ukrainien mais la priorité du moment est de soutenir le fragile cessez-le-feu issu des accords de paix de Minsk-2, a déclaré vendredi Federica Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune.

La diplomate italienne, qui participe à Riga à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit, a précisé que l'accent devait être mis sur les moyens de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée de veiller au respect de la trêve et du retrait des armes lourdes de part et d'autre de ligne de front.

Pour l'heure, et en dépit de signes indiquant une amélioration de la situation dans l'est de l'Ukraine, il n'est pas question de lever les sanctions imposées depuis un an à la Russie, accusée de soutenir les séparatistes.

"Elles ne seront pas levées tant qu'un développement véritablement bon ne se sera pas produit sur le terrain et, dans le cas contraire, nous sommes toujours prêts à accroître si nécessaire la pression", a dit Mogherini lors d'une conférence de presse.

"Jusqu'à présent, le cessez-le-feu ne fait que commencer, ce n'est pas parfait, il y a encore des violations, mais la tendance est assurément positive."

En escale dans la matinée à Varsovie, le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, a indiqué que "l'Union européenne restera unie sur la question des sanctions" et que si Minsk n'est pas respecté, les Européens prépareront rapidement de nouvelles sanctions contre Moscou.

S'exprimant au cours de la même conférence de presse, son homologue polonais, Grzegorz Schetyna, a précisé que ces nouvelles sanctions pourraient être imposées si les séparatistes attaquent par exemple Marioupol.

Kiev redoute que cette ville portuaire et industrielle sur la mer d'Azov ne constitue le prochain objectif des séparatistes prorusses. Sa prise faciliterait l'établissement d'une continuité territoriale entre les territoires sous leur contrôle de l'Est ukrainien et la Crimée, annexée il y a un an par la Russie.

CONTRE UN RETOUR À LA GUERRE FROIDE

Les accords de Minsk-2, négociés le 12 février dernier dans la capitale biélorusse par Angela Merkel et François Hollande avec Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko, font du cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes le préalable au lancement du processus politique censé mettre un terme à la crise.

Une réunion de suivi entre représentants des gouvernements russe, ukrainien, allemand et français aura lieu ce vendredi à Berlin. "Naturellement, nous ne pouvons nous satisfaire du rythme de l'application de l'accord de Minsk, mais nous avons observé une réduction évidente de la violence et une réduction des violations du cessez-le-feu", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.

L'Ukraine et les gouvernements occidentaux ont accusé la Russie d'avoir armé les séparatistes de l'Est et envoyé des troupes combattre à leur côté, ce que Moscou dément. Au fil des mois, l'UE et les Etats-Unis ont imposé une série de sanctions qui ont nui à l'économie russe, contribuant à la dégradation des relations entre la Russie et l'Occident.

Federica Mogherini a mis en garde contre un retour à la "logique de confrontation" des années de Guerre froide.

"Toute initiative ramenant à une logique de confrontation rappelant les années 50 n'est pas une logique européenne, a-t-elle dit. Et si quelqu'un, à Moscou, tombe dans ce piège ou pousse ce piège, il ne nous appartient pas de suivre cette erreur."

(Adrian Croft et Aija Krutaine; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • noterb1 le vendredi 6 mar 2015 à 14:53

    "Toute initiative ramenant à une logique de confrontation rappelant les années 50 n'est pas une logique européenne" ????? elle découvre que Russie et Europe ne sont pas seules à tirer les ficelles ? que dire de paul Craight qui vient de déclarer que l'Ukraine devra vendre toutes ses terres à Monsanto pour payer ses dettes ?