L'accident de Penly a été minimisé, selon les antinucléaires

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L'accident de Penly a été minimisé, selon les antinucléaires
L'accident de Penly a été minimisé, selon les antinucléaires

SAINT-MARTIN-EN-CAMPAGNE, Seine-Maritime (Reuters) - ­ Des collectifs antinucléaires normands dénoncent la présentation par EDF de l'incendie ainsi que des fuites d'huile et d'eau qui se sont produits les 5 et 6 avril dans un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime).

Porte-parole du collectif "STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs", Alain Correa estime que de 500 à 1.000 litres d'huile ont aspergé le local où se trouve le circuit primaire d'un réacteur et que "son coeur ne pouvait plus être refroidi qu'à 75%".

"On est dans un gros problème technique qui va au-delà du classement 1 sur l'échelle INES", a-t-il dit mercredi lors d'une conférence de presse.

Depuis ces incidents sur un réacteur de la centrale nucléaire d'EDF, le réacteur est maintenu à l'arrêt dans l'attente d'une expertise, a indiqué l'Agence de sûreté nucléaire (ASN). Ils n'ont eu aucune conséquence sur l'environnement, ont assuré EDF et l'ASN.

Mais selon Alain Correa, il faut ajouter aux fuites d'huile et d'eau, les dégagements d'effluents gazeux qui n'ont fait l'objet d'aucune communication de l'exploitant de la centrale.

"EDF affirme que les effluents liquides ont été collectés, mais ne parle pas des effluents gazeux", assure-t-il.

En outre, les militants antinucléaires s'interrogent sur le sort des "29 personnes qui sont intervenues, munies d'un simple ARI", masque qui ne filtre pas les particules radioactives".

Selon Alain Correa, l'arrêt d'un réacteur coûte à EDF un million d'euros par jour et "le réacteur est arrêté, a priori, pour un bon moment".

Un scientifique de l'ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest), Yves Blondel, a précisé qu'aucun radioélément pouvant provenir de la centrale (iode 134, césium ou cobalt) n'avait été détecté après l'analyse de prélèvements effectués à deux kilomètres de la centrale.

Il souligne cependant que la gendarmerie a empêché les chercheurs de s'approcher sur la voie publique menant à la centrale pour effectuer des mesures.

Pour Charlotte Mijeon, du collectif d'associations "Sortir du nucléaire", la longue liste d'incidents qui se produisent dans les centrales nucléaires françaises témoigne de leur vieillissement et de la facture qui s'ensuivra.

"Il y aura un arbitrage entre les coûts et la sûreté", ajoute-t-elle, alors qu'aujourd'hui, selon elle, Une douzaine de réacteurs sur 58 sont indisponibles dans le parc nucléaire français pour des opérations de maintenance ou de remplacement de combustibles usés.

Marc Parrad, édité par Gilles Trequesser

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  • baljo le mercredi 18 avr 2012 à 20:43

    Pourvu que ça mousse.