L'accident d'avion en Colombie a finalement fait 71 morts

le , mis à jour à 21:41
0
 (Actualisé avec nouvel enregistrement) 
    LA UNION, Colombie, 30 novembre (Reuters) - Le pilote de 
l'avion qui s'est écrasé lundi soir en Colombie a averti par 
radio qu'il était à court de carburant et devait procéder à un 
atterrissage d'urgence, selon un enregistrement des dernières 
conversations.   
    L'accident, survenu près de Medellin, a fait 71 morts et six 
rescapés. A bord se trouvaient les joueurs de Chapecoense, 
l'équipe de football de Chapeco, dans le sud du Brésil. Ils 
venaient disputer la finale aller de la Copa Sudamericana contre 
l'Atletico Nacional, club réputé de Medellin. 
    Trois joueurs ont survécu, ainsi qu'un journaliste et deux 
membres de l'équipage.  
    L'appareil, un BAe 146 de la compagnie Lamia, venait de 
Santa Cruz en Bolivie, où les Brésiliens avaient fait escale. 
Les deux "boîtes noires" ont été récupérées. 
    "Madame, le vol Lamia 933 est en perdition totale, panne 
électrique générale, plus de carburant", dit le pilote bolivien 
Miguel Quiroga, dans l'enregistrement de ses échanges avec les 
contrôleurs de Medellin qui a été diffusé par les médias 
colombiens.  
    "Alerte carburant, madame !", insiste-t-il, avant de 
demander l'autorisation d'atterrir.    
    Cet enregistrement corrobore ce qu'a dit Juan Sebastian 
Upegui, copilote de la compagnie Avianca qui volait dans le même 
secteur, dans une conversation avec des amis. Reuters a pu 
confirmer qu'il est bien l'auteur de ces propos, diffusés eux 
aussi par les médias locaux.  
     
    PANIQUE 
    "Mayday ! Mayday (...) Aidez-nous à atteindre la piste (...) 
A l'aide ! A l'aide", a, selon lui, lancé Miguel Quiroga avant 
la rupture de la liaison.  
    Outre les joueurs de football, 21 journalistes brésiliens et 
neuf membres d'équipage se trouvaient à bord. Parmi les 
survivants, le gardien de but remplaçant, Jackson Follmann, a 
subi une amputation de la jambe droite. 
    Erwin Tumiri, mécanicien de bord de nationalité bolivienne, 
a lui aussi survécu. S'il a pu s'en tirer, dit-il, c'est parce 
qu'il a respecté strictement les consignes de sécurité, alors 
que les autres ont paniqué.  
    "Beaucoup de passagers se sont levés de leurs sièges et se 
sont mis à crier. J'ai mis le sac entre mes jambes et me suis 
replié en position foetale, comme c'est recommandé", a-t-il 
expliqué au micro d'une radio colombienne.  
    Un deuil national de trois jours a été décrété au Brésil. Le 
monde du football s'y est associé et des stars mondiales, comme 
Pelé, Lionel Messi ou Wayne Rooney, ont envoyé des messages de 
solidarité sur les réseaux sociaux. 
    Chapecoense, qui jouait encore en 4e division en 2009 et 
dont les moyens financiers sont modestes, s'apprêtait à disputer 
sa première finale continentale. 
    L'Atletico Nacional a demandé que la Copa Sudamericana, 
compétition qui en Amérique du Sud est l'équivalent de la Ligue 
Europa, lui soit attribuée.  
    A Chapeco, une ville de 200.000 habitants, l'accident a semé 
le désarroi. Des entreprises ont donné la journée libre mardi à 
leurs employés pour leur permettre de se rassembler dans le 
stade de la ville et y prier. Les écoles sont restées fermées. 
 
 (Julia Symmes Cobb, Gilles Trequesser et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant