L'accès de Fiat à la trésorerie de Chrysler est limité

le
0
ACCÈS LIMITÉ À LA TRÉSORERIE DE CHRYSLER POUR FIAT
ACCÈS LIMITÉ À LA TRÉSORERIE DE CHRYSLER POUR FIAT

MILAN (Reuters) - Le constructeur automobile italien Fiat a annoncé lundi que son accès à la trésorerie de sa filiale américaine Chrysler était limité en raison d'un plafonnement des dividendes et des clauses restrictives sur la dette obligataire de cette dernière.

Le rachat de Chrysler par le groupe turinois, pour un montant de 4,35 milliards de dollars (3,17 milliards d'euros), visait en partie à lui permettre d'accéder à la trésorerie du constructeur américain afin de financer la création de nouveaux modèles et relancer ainsi ses activités européennes.

Des analystes ont toutefois mis en garde contre l'accumulation de la dette chez Fiat qui remet en question le financement de sa nouvelle stratégie, axée sur ses marques haut de gamme Alfa Romeo et Maserati et plus autant sur le marché d'entrée de gamme à faible marge.

Réagissant à une demande d'informations de la part de la Consob, le régulateur italien des marchés financiers, Fiat a indiqué qu'après impôt, la remontée de dividendes provenant de Chrysler est plafonnée à la moitié du bénéfice net cumulé du constructeur américain sur les exercices 2012 et 2013 à laquelle il faut ajouter une somme fixe de 500 millions de dollars.

Sur les exercices 2012 et 2013, le bénéfice net a représenté un total de 4,5 milliards de dollars, ce qui fixe le seuil à 2,75 milliards de dollars, en incluant les 500 millions.

Au delà du seuil, le versement de dividendes ne pourrait se faire que si le montant de la trésorerie de Chrysler est supérieur à 3 milliards de dollars. A la fin 2013, elle s'élevait à 14,7 milliards de dollars, sous réserve des charges fiscales.

Fiat a également précisé que le financement intragroupe était limité par des clauses restrictives (covenants) sur la dette de Chrysler qui prévoient que d'éventuels transferts soient approuvés par une majorité d'administrateurs "désintéressés" du constructeur américain.

Au total, Fiat était donc en mesure de prélever au 1er janvier un peu moins de 9 milliards de dollars, hors impôts et dans le respect des clauses prévues dans les covenants.

Le groupe italien a toutefois assuré qu'il disposait de suffisamment de ressources pour financer ses activités.

L'agence de notation Moody's a abaissé la semaine dernière la note à long terme de Fiat de quatre crans sous le niveau dit d'investissement de "B1" à "Ba3" en raison notamment de résultats 2013 inférieurs aux attentes et des inquiétudes sur les perspectives 2014 avec la détérioration de la rentabilité des activités en Amérique latine.

Fiat a réagi à la dégradation de sa note en disant qu'elle n'augmenterait que marginalement les commissions sur une ligne de crédit renouvelable de 2,1 milliards d'euros qui n'a pas été activée et a dit n'anticiper que des effets limités sur ses coûts de financement à l'avenir.

Agnieszka Flak, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant