L'ABE fixe les grandes lignes des tests de résistance bancaires

le
0
L'ABE FIXE LES GRANDES LIGNES DES TESTS DE RÉSISTANCE BANCAIRES
L'ABE FIXE LES GRANDES LIGNES DES TESTS DE RÉSISTANCE BANCAIRES

LONDRES (Reuters) - L'Autorité bancaire européenne (ABE) a annoncé vendredi les grandes lignes des tests de résistance des grandes banques européennes qui interviendront cette année dans le cadre de l'examen approfondi de leur bilan par la Banque centrale européenne (BCE).

Les tests de résistance concerneront 124 banques au sein de l'Union européenne dont 104 établissements de la zone euro comme Deutsche Bank, Santander, BNP Paribas ou Monte dei Paschi.

Le total de bilan cumulé de ces établissements représente environ 30.000 milliards d'euros, soit 80% du total des actifs du secteur bancaire européen.

Les banques concernées devront pouvoir afficher un ratio de fonds propres durs d'au moins 5,5% sur chacune des trois années pour lesquelles les tests seront conduits, ce ratio devant être d'au moins 8% en début de période.

Ce seuil est supérieur à celui retenu lors de tests précédents réalisés avant la crise financière pour lesquels il n'excédait pas 2%. Il est aussi plus élevé que le seuil de 5% retenu pour les tests de 2011 alors que certains établissements qui les avaient réussis ont du depuis être renfloués sur fonds publics. Les stress tests de 2011 avaient concerné 91 banques.

Les tests de résistance seront conduits sur la base des bilans au 31 décembre 2013 et pour une période de trois ans jusqu'en décembre 2016.

RISQUES SPECIFIQUES

Pour être pris en compte, les fonds propres devront correspondre pour chacune des trois années aux définitions alors en vigueur dans le cadre des accords dits de Bâle III dont la mise en oeuvre est étalée sur six ans.

La nature précise des scénarios de stress que l'EBA entend tester, comme une forte correction des marchés financiers, ne sera toutefois pas publiée avant les mois d'avril ou mai.

Au delà du calendrier et de la méthodologie commune définis par l'ABE, les régulateurs nationaux pourront décider de tester des risques spécifiques.

En Allemagne, le régulateur pourra ainsi tester l'exposition des banques au secteur du transport maritime sur lequel les banques allemandes sont particulièrement exposées tandis que son homologue britannique pourra s'intéresser de plus près aux portefeuilles de crédit immobilier.

Les résultats de l'examen approfondi des bilans bancaires, qui doit être terminé en juin, et des tests de résistance à proprement parler, qui commenceront en mai, seront publiés en une seule fois en octobre, date à laquelle les éventuels besoins de fonds propres additionnels des banques seront aussi communiqués.

Les surcroîts de fonds propres liés aux tests nationaux spécifiques feront l'objet d'une publication séparée par les régulateurs nationaux concernés afin que les données issues des tests réalisés sous l'égide de l'ABE restent comparables.

Les estimations du déficit en fonds propres des banques de l'Union européenne vont jusqu'à 100 milliards d'euros.

L'ABE doit encore préciser le délai dont disposeront les banques pour combler un éventuel déficit de fonds propres.

La manière dont les portefeuilles d'obligations souveraines seront traités dans la catégorie des actifs dits réalisables fait aussi débat. Certains régulateurs pourraient opter pour des règles moins strictes que d'autres mais les résultats publiés en octobre préciseront la méthodologie retenue, ce qui permettra aux analystes de réaliser leurs propres retraitements.

Huw Jones, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant