L'ABE dévoile les scénarios extrêmes des stress tests dans l'UE

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L?ABE DÉVOILE LES SCÉNARIOS EXTRÊMES DES STRESS TESTS
L?ABE DÉVOILE LES SCÉNARIOS EXTRÊMES DES STRESS TESTS

par Huw Jones

LONDRES (Reuters) - L'autorité bancaire européenne (ABE) a dévoilé mardi les scénarios extrêmes retenus dans le cadre des tests de résistance auxquels seront soumises les plus grandes banques de l'Union européenne (UE) avant que la Banque centrale européenne n'en assure la supervision directe.

Ces tests de résistance ("stress tests") qui seront conduits sur la base des bilans à fin 2013 des 124 banques concernées porteront sur une période de trois ans et retiendront comme hypothèse la plus pessimiste une contraction cumulative de 2,1% du PIB sur la période.

Une récession de cette ampleur entraînerait une montée du taux de chômage à 13% à l'échelle du bloc monétaire et une chute de 20% en moyenne des prix de l'immobilier qui se traduiraient par des défauts sur les portefeuilles de prêts des banques, précise l'ABE.

Le scénario adverse retenu reflète les menaces considérées comme les plus pertinentes actuellement pour le stabilité du système bancaire de l'UE, explique l'ABE dans un communiqué.

Elles consistent en une augmentation des taux obligataires, une nouvelle détérioration de la qualité de crédit des pays qui connaissent une demande faible, un coup d'arrêt aux réformes structurelles qui saperait la confiance dans la soutenabilité des finances publiques et un renforcement insuffisant des bilans banques qui menacerait leur capacité à se financer dans des conditions acceptables.

"La granularité et la pertinence des scénarios est bien meilleure que dans les deux précédentes tentatives de tests de résistance en Europe mais l'absence d'une déflation généralisée saute aux yeux", a commenté Neil Williamson, responsable de la recherche crédit pour la zone Europe Moyen-Orient Afrique d'Aberdeen Asset Management.

"A vrai dire, la déflation dans la zone euro aurait de telles conséquences pour les finances publiques mais aussi privées que prendre en compte une telle hypothèse aurait représenté un choc trop fort pour la confiance qui commence à revenir au sein de la zone euro."

La BCE a prévenu qu'une dégradation des perspectives d'inflation au sein de la zone euro pourrait la conduire à mettre en oeuvre un programme d'assouplissement quantitatif portant sur une large gamme d'actifs.

DES CRITÈRES PLUS STRICTS

Les précédents tests de résistance conduits sur les banques européennes n'avaient pas convaincu les investisseurs. Les simulations avaient été réalisées sur une période de deux ans avec une hypothèse de contraction de l'activité de 0,4% seulement.

"La totale transparence de l'exercice est la clé de sa crédibilité", a déclaré le président de l'ABE, Andrea Enria, cité dans le communiqué.

"Il montrera comment les efforts récemment entrepris par les banques de l'UE portent déjà leurs fruits et fournira un cadre commun pour les mesures ultérieures que devront prendre les superviseurs et les banques."

Plusieurs banques européens ont déjà renforcé leurs fonds propres dans la perspectives des tests de résistance et avaient poursuivi l'allègement de leur bilan l'année dernière pour s'y préparer.

Les banques de la zone euro auront jusqu'à 9 mois pour couvrir des besoins en capitaux identifiés dans le cadre des tests de résistance, a annoncé de son côté la BCE.

L'ABE a déjà dit que les tests porteraient sur trois ans à compter de janvier 2014 et que les banques devront maintenir un ratio de fonds propres durs d'au moins 5,5% de leurs actifs pondérés sur la période pour les passer avec succès, un niveau là aussi supérieur à celui retenu lors des précédents tests.

Les conséquences du scénario adverse retenu sont appréciées au travers de six chocs affectant tous les actifs figurant au bilan des banques, contre deux dans les précédents tests.

La capacité des banques à gérer leur passif et à faire face à la hausse des coûts de financement dans des marchés fortement perturbés sera aussi évaluée.

Le scénario adverse retenu prend aussi en compte des développements récents qui ont pu affecter les marchés comme une brusque hausse des taux à long terme ou des turbulences sur les devises d'Europe centrale et de l'Est.

Il prévoit que les actifs peuvent être affectés par un ralentissement de l'activité de manière différenciée selon les pays.

Les tests traitent aussi de manière plus stricte les portefeuilles d'obligations souveraines qui sont pour l'essentiel considérées comme des actifs réalisables et disponibles, certains régulateurs nationaux autorisant en conséquence les banques à ignorer l'impact des mouvements de marchés sur ce poste.

En dépit des réticences de certains d'entre eux, l'ABE a imposé une diminution progressive de cette protection quand elles existent de sorte que, dans les simulations sur la troisième année, au moins 60% des portefeuilles souverains concernés n'en bénéficient plus.

L'ABE espère que les résultats des tests et les données communiquées seront suffisamment détaillées pour que les analystes spécialisés puissent les répliquer sur la base de leur propres modèles et les vérifier.

Les tests de résistance, dont les résultats seront publiés en octobre, doivent permettre d'identifier les éventuels besoins de fonds propres additionnels que les établissements concernés devront lever pour faire face à une situation de crise.

(avec Laura Noonan, Marc Joanny pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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  • vologda2 le mardi 29 avr 2014 à 21:01

    je pipotte , je pippotte et je repippotte