Kuroda (BoJ)-Pas nécessaire d'assouplir encore dans l'immédiat

le
0

par Leika Kihara TOKYO, 18 février (Reuters) - Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) a estimé mercredi qu'il n'était pas nécessaire d'assouplir encore la politique monétaire dans l'immédiat compte tenu d'une inflation qui s'acheminant vers son objectif de 2% en dépit de la pression momentanée exercée par la chute des prix pétroliers. Il a toutefois souligné la possibilité d'un nouvel assouplissement si des risques tels qu'un affaiblissement de l'économie et une baisse continue des prix pétroliers se manifestaient. "Je ne crois pas qu'il y ait le moindre changement dans l'évolution des prix actuellement c'est pourquoi je ne pense pas qu'il faille rien faire de plus", a dit Kudora, en conférence de presse. "S'il y avait le moindre changement, nous n'hésiterions pas à ajuster la politique monétaire en conséquence". Kuroda s'exprimait après que la BoJ, comme on s'y attendait généralement, eut annoncé le maintien de son programme de rachat d'actifs mercredi à l'issue de sa réunion de politique monétaire. La banque centrale s'est par ailleurs montrée plus optimiste pour les perspectives de production et d'exportation. Même si les chiffres du PIB publiés lundi par le gouvernement ont été en deçà des attentes, la banque centrale n'en reste pas moins convaincue que l'économie de l'archipel se redresse doucement et que l'objectif de 2% d'inflation sera atteint lors de la prochaine année fiscale grâce à la hausse des salaires et de l'investissement. Après deux trimestres consécutifs de contraction, l'économie japonaise a rebondi dans les trois derniers mois de 2014, mais moins que prévu (+2,2% en rythme annualisé), les dépenses des ménages et des entreprises se révélant décevantes. ID:nL5N0VQ02H La Banque du Japon (BOJ) a cependant souligné mercredi que la production industrielle, qui a augmenté de 1,0% en décembre, "s'accélère", alors qu'il y a un mois, l'institution se contentait de noter qu'elle avait atteint son point le plus bas. Comme attendu, après une réunion de deux jours, le comité de politique monétaire de la banque centrale s'est prononcé en faveur du maintien d'un programme de rachats d'actifs de 80.000 milliards de yens (591 milliards d'euros) par an. Les conseillers du Premier ministre Shinzo Abe sont favorables à ce statu quo, estimant qu'un programme encore plus accommodant risquerait d'entraîner le yen dans des zones trop basses. "Tant que les taux de change évoluent de façon stable, d'une manière qui reflète les fondamentaux économiques, ils ne devraient avoir rien de négatif pour l'économie", a toutefois estimé Kuroda, écartant du revers de la main l'opinon voulant qu'un yen faible fasse plus de mal que de bien à l'économie. "La BOJ ne devrait pas assouplir sa politique à court terme", estime de son côté Daiju Aoki, économiste à UBS Securities. "Si elle devait encore assouplir son programme, cela annulerait la hausse des salaires. Il n'y aurait pas d'impact positif à court terme." Le rebond des exportations rend les membres de la BOJ plutôt optimistes même si la baisse des cours du pétrole éloigne l'objectif de 2% d'inflation. Mais la reprise de la consommation des ménages est moins forte que prévu, ce qui montrerait que l'économie n'est pas encore complètement remise de l'impact de la hausse de la TVA intervenue le 1er avril 2014. Soulignant cette inquiétude, la BOJ a déclaré dans son communiqué que la reprise de la consommation était "poussive dans certains secteurs". (Jean-Stéphane Brosse et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux