Kurdes et chiites se coordonnent à l'ouest de Mossoul

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 (Actualisé avec réaction, Abadi § 4-6-7-11) 
    par Isabel Coles 
    ERBIL, Irak, 24 novembre (Reuters) - Miliciens chiites et 
combattants kurdes sont convenus de coordonner leurs mouvements 
à l'ouest de Mossoul après l'encerclement de fait de la grande 
ville du nord de l'Irak, encore aux mains de l'organisation Etat 
islamique (EI). 
    Un accord en ce sens a été conclu mercredi entre des 
commandants des peshmergas déployés à Sindjar, à l'ouest de 
Mossoul, et Hadi al Amin, chef de l'Organisation Badr, la plus 
forte composante Forces de mobilisation populaire (FMP, Hachid 
Chaabi), des chiites soutenus par l'Iran. 
    "Al Amin est venu ici afin de se coordonner avec nous", a 
rapporté jeudi le maire de Sindjar, Mahma Xelil. "Cette 
coordination est nécessaire pour empêcher l'EI de déplacer son 
équipement et ses hommes", a-t-il ajouté. Les peshmergas ont 
repris Sindjar il y a un an. 
    Une autre organisation soutenue par l'Iran, la Kataïb 
Hezbollah, a elle aussi eu une réunion avec des commandants 
peshmergas, selon la chaîne de télévision de ces miliciens. 
    Mercredi, les miliciens chiites avaient annoncé avoir opéré 
la jonction avec les peshmergas à l'ouest de Mossoul, 
parachevant son encerclement, de même que celui de la ville de 
Tal Afar, à 60 km de là, non loin de la frontière syrienne. 
    "L'association de ces forces réduit grandement la liberté de 
mouvement des insurgés de l'EI à l'intérieur et à l'extérieur de 
Mossoul. Ils avaient déjà perdu la capacité de se déplacer en 
grand nombre, mais à présent, cela va être encore plus difficile 
pour eux", a commenté le colonel américain John Dorrian, 
porte-parole à Bagdad de la coalition anti-EI mise en place par 
les Etats-Unis. 
    Les accès nord, sud et est menant à Mossoul étaient déjà 
bloqués par les forces gouvernementales irakiennes et par les 
combattants kurdes. 
    Les djihadistes de l'EI contrôlent toujours en revanche la 
route reliant Mossoul à Tal Afar et les en chasser est le 
prochain objectif des milices Hachid Chaabi. 
     
    PEUR D'EXACTIONS DES MILICIENS 
    Les combats autour de Tal Afar, ville à majorité turkmène, 
ont provoqué le départ de milliers d'habitants, ce qui inquiète 
les organisations d'aide humanitaire. Environ 3.000 familles, 
des sunnites, ont quitté la ville. 
    L'arrivée des miliciens des Hachid Chaabi a effrayé la 
population sunnite. Les milices chiites ont été accusées d'avoir 
torturé des civils sunnites ailleurs en Irak cette année dans 
des secteurs qu'elles avaient aidé à reprendre. 
    Aussi le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi, qui s'est 
rendu jeudi sur la base aérienne de Tal Afar, au sud de la 
ville, s'est-il employé à dissiper leurs craintes. Les forces 
qui entreront dans Tal Afar pour la bataille finale refléteront 
par leur composition la diversité ethnique de la ville, a-t-il 
dit, selon la télévision publique irakienne. 
    La bataille pour la reconquête de Mossoul, tombée aux mains 
de l'EI en juin 2014, est maintenant dans son deuxième mois. 
    Face à l'offensive lancée le 17 octobre, avec le soutien 
d'une coalition conduite par les Etats-Unis, les combattants de 
l'EI ont progressivement évacué les zones autour de Mossoul pour 
se retrancher dans la ville, où les unités d'élite du Service de 
contre-terrorisme (CTS) sont entrées il y a trois semaines par 
le front Est. 
    Plus de 68.000 personnes ont été déplacées vers des secteurs 
tenus par l'armée, selon une évaluation des Nations unies.  
    Mais ce chiffre n'englobe pas les dizaines de milliers de 
personnes contraintes d'accompagner les djihadistes pour couvrir 
leur retraite en direction de Mossoul. Pas plus qu'il n'inclut 
les 3.000 familles ayant quitté Tal Afar. 
 
 (avec Saif Hameed à Bagdad; Gilles Trequesser et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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