Kuczynski légèrement en tête de la présidentielle au Pérou

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KUCZYNSKI EN TÊTE DU SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE PÉRUVIENNE
KUCZYNSKI EN TÊTE DU SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE PÉRUVIENNE

par Mitra Taj et Teresa Cespedes

LIMA (Reuters) - Les résultats préliminaires et les projections des instituts de sondage placent Pedro Pablo Kuczynski légèrement en tête du second tour de l'élection présidentielle au Pérou, dimanche.

Après dépouillement de 51,7% des bulletins de vote, l'ancien économiste de la Banque mondiale recueillait 50,59% des voix, contre 49,41% à sa rivale Keiko Fujimori, a annoncé la commission électorale.

Un peu plus tôt, les instituts Ipsos et GfK, se basant sur le dépouillement d'un échantillon représentatif de bulletins, avaient crédité Pedro Pablo Kuczynski de respectivement 50,5% et 50,8% des voix, contre 49,5% à 49,2% à la fille de l'ancien chef de l'Etat Alberto Fujimori.

"Nous accueillons ces résultats préliminaires avec optimisme mais avec modestie", a déclaré Pedro Pablo Kuczynski, surnommé PPK par ses compatriotes, à ses partisans en liesse rassemblés dans le centre de la capitale, Lima.

L'ancien économiste, âgé de 77 ans, a invité ses électeurs à attendre la proclamation des résultats officiels avant de faire la fête.

Alfredo Torres, un analyste d'Ipsos, a confirmé qu'avec un écart inférieur à 1% entre les deux candidats, il faudrait peut-être attendre la publication des résultats définitifs par la commission électorale pour connaître le nom du futur chef de l'Etat.

Les résultats préliminaires ont cependant confirmé la tendance qui s'était dessinée dans les sondages ces derniers jours. L'avance de Keiko Fujimori, qui avait remporté 40% des voix au premier tour, a en effet fondu, rappelant la fin de campagne du second tour de 2011 qui s'était soldée par sa défaite, d'une courte tête, face à Ollanta Humala.

FUJIMORI ATTEND LE VOTE DES CAMPAGNES

Keiko Fujimori a néanmoins voulu se montrer optimiste dimanche soir, expliquant attendre le résultat du vote dans les régions rurales du "Pérou profond", où elle bénéficie d'un fort soutien.

"C'est une élection serrée, sans aucun doute. Cela nous montre la vitalité de la démocratie dans notre pays et cela me rend très fière", a-t-elle dit lors d'un discours prononcé devant ses partisans à Lima.

Keiko Fujimori, qui a 41 ans, a passé les cinq dernières années à chercher à gagner en influence au-delà des cercles qui avaient soutenu son père, qui purge actuellement une peine de 25 ans de réclusion pour corruption et atteintes aux droits de l'homme.

La candidate conservatrice a réussi à renforcer l'implantation de son mouvement dans les provinces où elle avait été battue par le nationaliste Humala. Malgré tout, elle n'a pas réussi à dissiper la méfiance de nombreux électeurs, alors même que certains de ses nouveaux collaborateurs sont éclaboussés par des scandales.

"J'ai voté pour PPK parce que je ne crois pas que c'est Keiko Fujimori qui dirigerait le pays, ce serait son père", a déclaré Luz Vite, 34 ans, résumant le sentiment de nombreux Péruviens.

Keiko Fujimori, dont le discours à la fois libéral et populiste plaît aux plus démunis, promet de s'en tenir aux règles démocratiques. Depuis son échec de 2011, elle a en outre pris ses distances avec son père.

Pedro Pablo Kuczynski lui-même avait pris le parti de Keiko Fujimori il y a cinq ans quand elle avait affronté Ollanta Humala au second tour.

Si les deux candidats sont sur le plan budgétaire des conservateurs partisans du libéralisme, leur style et leur approche des dossiers diffèrent grandement.

Le conservatisme de Keiko Fujimori se teinte de populisme quand celui de Pedro Pablo Kuczynski est davantage empreint d'un style technocratique qui a empêché à sa campagne de "prendre" dans les provinces défavorisées et dans les quartiers populaires.

(Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)

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