Kuczynski donné légèrement en tête de la présidentielle au Pérou

le , mis à jour à 04:57
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 (Actualisé avec résultats préliminaires, déclaration de 
Kuczynski) 
    par Mitra Taj et Teresa Cespedes 
    LIMA, 6 juin (Reuters) - Les résultats préliminaires et les 
projections des instituts de sondage donnent Pedro Pablo 
Kuczynski légèrement en tête du second tour de l'élection 
présidentielle au Pérou, dimanche. 
    Après dépouillement de 36,1% des bulletins de vote, l'ancien 
économiste de la Banque mondiale recueillait 50,58% des voix, 
contre 49,42% à sa rivale Keiko Fujimori, a annoncé la 
commission électorale. 
    Un peu plus tôt, les instituts Ipsos et GfK, se basant sur 
le dépouillement d'un échantillon représentatif de bulletins, 
avaient crédité Pedro Pablo Kuczynski de respectivement 50,5% et 
50,8% des voix, contre 49,5% à 49,2% à la fille de l'ancien chef 
de l'Etat Alberto Fujimori. 
    "Nous accueillons ces résultats préliminaires avec optimisme 
mais avec modestie", a déclaré Pedro Pablo Kuczynski, surnommé 
PPK par ses compatriotes, à ses partisans en liesse rassemblés 
dans le centre de la capitale, Lima. 
    L'ancien économiste, âgé de 77 ans, a invité ses électeurs à 
attendre la proclamation des résultats officiels avant de faire 
la fête.  
    Alfredo Torres, un analyste d'Ipsos, a confirmé qu'avec un 
écart inférieur à 1% entre les deux candidats, il faudrait 
peut-être attendre la publication des résultats définitifs par 
la commission électorale pour connaître le nom du futur chef de 
l'Etat. 
    Les résultats préliminaires ont cependant confirmé la 
tendance qui s'était dessinée dans les sondages ces derniers 
jours. L'avance de Keiko Fujimori, qui avait remporté 40% des 
voix au premier tour, a en effet fondu, rappelant la fin de 
campagne du second tour de 2011 qui s'était soldée par sa 
défaite, d'une courte tête, face à Ollanta Humala. 
     
    L'OMBRE ENCOMBRANTE D'ALBERTO FUJIMORI 
    Keiko Fujimori, qui a 41 ans, a passé les cinq dernières 
années à chercher à gagner en influence au-delà des cercles qui 
avaient soutenu son père, qui purge actuellement une peine de 25 
ans de réclusion pour corruption et atteintes aux droits de 
l'homme. 
    La candidate conservatrice a réussi à renforcer 
l'implantation de son mouvement dans les provinces où elle avait 
été battue par le nationaliste Humala. Malgré tout, elle n'a pas 
réussi à dissiper la méfiance de nombreux électeurs, alors même 
que certains de ses nouveaux collaborateurs sont éclaboussés par 
des scandales. 
    "J'ai voté pour PPK parce que je ne crois pas que c'est 
Keiko Fujimori qui dirigerait le pays, ce serait son père", a 
déclaré Luz Vite, 34 ans, résumant le sentiment de nombreux 
Péruviens. 
    Keiko Fujimori, dont le discours à la fois libéral et 
populiste plaît aux plus démunis, promet de s'en tenir aux 
règles démocratiques. Depuis son échec de 2011, elle a en outre 
pris ses distances avec son père. 
    Pedro Pablo Kuczynski lui-même avait pris le parti de Keiko 
Fujimori il y a cinq ans quand elle avait affronté Ollanta 
Humala au second tour. 
    Si les deux candidats sont sur le plan budgétaire des 
conservateurs partisans du libéralisme, leur style et leur 
approche des dossiers diffèrent grandement. 
    Le conservatisme de Keiko Fujimori se teinte de populisme 
quand celui de Pedro Pablo Kuczynski est davantage empreint d'un 
style technocratique qui a empêché à sa campagne de "prendre" 
dans les provinces défavorisées et dans les quartiers 
populaires. 
 
 (Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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