Kroos est le compromis idéal pour remplacer Thiago Motta

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Le PSG aurait déjà entamé des discussions avec l'entourage de Toni Kroos pour s'attacher les services du milieu allemand l'été prochain. Une option qui contraindrait Laurent Blanc à adapter sa philosophie de jeu mais qui a tout de la solution la plus pérenne à long terme.

Le PSG le sait, il n’a fait que repousser l’échéance. En prolongeant Thiago Motta jusqu’en 2017 au cours d’un été mouvementé, entre les envies de départ du joueur et les tergiversations de ses dirigeants, les Parisiens ont seulement retardé le moment où ils devront remplacer leur milieu italien. Celui que Laurent Blanc désignait en avril dernier comme « l’ADN » de son équipe. C’est pour cette raison que le quadruple champion de France en titre ne pouvait se résoudre à le perdre, malgré son spleen affiché pendant toute la préparation estivale. Mais « gouverner est prévoir » selon l’expression consacrée par Emile de Girardin, homme politique fondateur de la presse moderne, au 19eme siècle. Alors l’état-major du PSG planche discrètement sur la succession de Motta et aurait établi sa priorité numéro 1 pour renforcer son entrejeu : Toni Kroos.

Le seul clone de T.Motta, c'est Busquets

RMC a révélé en début de semaine que Nasser Al-Khelaïfi, président du club parisien, aurait profité d’un dîner avec son homologue du Real Madrid, Florentino Pérez, pour discuter du cas du milieu international allemand (26 ans, 62 sélections). Les contours d’un transfert, qui ne se conclura pas en-deçà de quarante-cinq millions d’euros, une somme dans le budget du PSG, ont été évoqués. De son côté, le joueur ne serait pas insensible à l’intérêt du club parisien, où Laurent Blanc a validé le profil de l’ancien milieu du Bayern Munich et du Bayer Leverkusen. Que le technicien cévenol ait donné son accord au recrutement de Kroos est significatif d’une tendance lourde dans le football européen : des joueurs comme Thiago Motta, ça ne court pas les terrains. Il n’a qu’un clone au très haut niveau et il se nomme Sergio Busquets. Mais il est quasiment inenvisageable que le FC Barcelone lâche le garant de son identité de jeu et de sa philosophie, surtout pas à un concurrent direct pour la victoire finale en Ligue des Champions.

Coquelin et W.Carvalho, des paris sur l'avenir

Toutes les autres sentinelles qui évoluent sur le Vieux Continent s’épanouissent dans des registres différents ou n’ont tout simplement pas le niveau pour prendre la suite de Thiago Motta. Lassana Diarra est par exemple un travailleur hors-norme et un excellent technicien. Mais le milieu marseillais n’a pas cette faculté si particulière à donner le tempo d’un match. Xabi Alonso s’inscrit avec le Bayern Munich dans un style comparable à celui de Thiago Motta avec le PSG, sauf que son niveau de performance a baissé significativement ces derniers mois. Francis Coquelin (24 ans, Arsenal) ou William Carvalho (23 ans, Sporting Portugal) ressemblent à des options intéressantes pour l’avenir. Mais ils ne présentent pas suffisamment d’assurances pour le moment pour s’installer à un poste de sentinelle à Paris. A moins que le club ne choisisse d’en faire grandir un des deux dans l’ombre de Thiago Motta la saison prochaine avant de lui confier les clés du camion. A l’instar de ce qu’il fait avec Sherrer Maxwell et Layvin Kurzawa au poste de latéral gauche.

Neuf buts et douze passes décisives avec Leverkusen en 2009-10

Kroos n'a pas ce souci, son expérience en club ou en sélection parlant pour lui. Aussi bon techniquement que tactiquement, iln’est pas une sentinelle au strict sens du terme. Ce n’est pas le poste où il a été formé. Il avait l’habitude au début de sa carrière de jouer en relayeur, voire carrément en meneur de jeu derrière les attaquants. C’est ainsi qu’il avait bouclé sa dernière saison à Leverkusen, en 2009-10, avec neuf buts et douze passes décisives au compteur en Bundesliga. Kroos ne fait depuis que reculer sur le terrain et ses statistiques s’en ressentent forcément (un but et neuf passes décisives toutes compétitions confondues). Même si ce n’est pas pour lui déplaire… « J’apprécie beaucoup être devant la défense, confiait-il dans un entretien au site officiel de la FIFA en mai dernier. Bien évidemment, l’entraîneur donne les consignes pour évoluer dans cette position mais ça coïncide avec ma propre interprétation de la façon dont je dois jouer ici. A travers les années, j’ai toujours reculé sur le terrain et ça me va bien. »

Dans les duels, Kroos ne soutient pas la comparaison avec T.Motta

Le natif de Greifswald reste néanmoins en phase d’adaptation à son rôle de sentinelle. Il apparaît parfois en manque de repères, en quête de l’équilibre entre ses envies de se projeter vers l’avant et la nécessité de se mettre au service du collectif à la perte du ballon. Les statistiques démontrent qu’il a conservé ses caractéristiques de départ sans acquérir toutes les qualités du milieu récupérateur. La comparaison avec les chiffres de Thiago Motta en Ligue des Champions le prouve. Le Madrilène affiche un meilleur taux de passes réussies (95% à 93%) et un meilleur ratio d’occasions créées sur 90 minutes (2,85 contre 0,74). Le milieu de la Mannschaft est également plus à l’aise dans le jeu long (18,29 mètres de distance moyenne dans ses passes pour 16 mètres chez Thiago Motta). Mais l’Italien domine largement Kroos dans les duels (48,21% de gagnés contre 37,5%), l’écart se creusant encore dans les airs (69,23% contre 50%).

Un style plus direct pour le PSG ?

Attirer Kroos au PSG sous-entendrait une adaptation tactique de Blanc au profil de sa recrue. Le style de jeu parisien s’en ressentirait fortement, avec davantage de verticalité dans les transmissions et une projection plus rapide à la récupération du ballon. Sur le plan tactique, l’associer à Blaise Matuidi et Marco Verratti dans le cœur du jeu serait une possibilité. L’abattage à la récupération de l’ancien Stéphanois et du numéro 24 parisien pourrait compenser l’activité moindre de Kroos. Il n’est pas interdit d’imaginer aussi Verratti, voire Adrien Rabiot, s’emparer à terme du rôle de sentinelle pour repositionner l’Allemand à une place de relayeur où ses qualités s’expriment le mieux. Autre option pour Blanc : renoncer à son 4-3-3 pour évoluer en 4-4-2 à plat ou en 4-2-3-1, où Kroos serait associé à Verratti ou à Matuidi. Mais ces systèmes n’ont jamais masqué ses carences défensives et les Parisiens pourraient être confrontés aux mêmes problèmes que le Real, qui a l’habitude de jouer ainsi. Même si dans le cas d’un duo, le champion du monde 2014 aurait l’avantage d’être le joueur le plus offensif, au contraire du schéma au Real Madrid où Luka Modric se projette le plus souvent vers l’avant pour le laisser seul devant la défense.

L'hypothèse David Luiz au milieu

C’est une évidence, Kroos ne présente pas le profil idéal pour suppléer Thiago Motta dans le mêmle registre. Mais à 26 ans, il dispose d’un avenir brillant et pourrait s’imposer dans le projet à long terme du PSG. Il aurait alors le temps de progresser encore dans son nouveau rôle, où il bénéficierait d’une protection d’un tout autre niveau que dans un Real Madrid où les talents offensifs s’empilent sans joueurs de devoir pour les accompagner. Paris a réussi cet amalgame après lequel courent les Merengue et Kroos pourrait profiter de cette dynamique pour franchir un nouveau cap dans sa carrière. En pesant le pour et le contre, cette piste apparaît comme la plus solide pour assurer la compétitivité du PSG au présent et au futur, avec une marge de progression plus qu’intéressante pour la suite. Sinon, les dirigeants du club de la Capitale auront toujours un plan de secours : faire monter David Luiz d’un cran pour libérer de la place à Marquinhos en défense et se consacrer enfin au développement de l’ancien de l’AS Rome. Mais là encore, cela impliquerait des options techniques et tactiques différentes. La succession de Thiago Motta sera décidément un sacré casse-tête.

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