Kosciusko-Morizet, figure de proue de l'UMP à Paris

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KOSCIUSKO-MORIZET CHOISIE COMME TÊTE DE LISTE DE L'UMP POUR PARIS
KOSCIUSKO-MORIZET CHOISIE COMME TÊTE DE LISTE DE L'UMP POUR PARIS

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Nathalie Kosciusko-Morizet a été désignée lundi tête de liste de l'UMP pour l'élection à la mairie de Paris en 2014 au premier tour d'une primaire parsemée d'embûches, qui augure des combats à venir pour l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy.

La députée de l'Essonne, qui avait ardemment milité pour cette investiture par vote électronique sans précédent dans le parti d'opposition, a été largement choisie par 58,16% des votants (11.675 voix), selon les résultats officiels.

Le scénario redouté d'un ballottage n'est finalement pas advenu, malgré la pression de ses rivaux Pierre-Yves Bournazel et Jean-François Legaret, qui avaient tenté de capitaliser sur le mouvement de contestation contre le mariage gay.

Le maire du 1er arrondissement Jean-François Legaret, 60 ans, arrive en deuxième position, loin derrière, avec 4.095 voix (20,40%), devant Pierre-Yves Bournazel, qui obtient 2.165 voix (10,75%) et Franck Margain, 2.075 voix (10,34%).

Au total, 23.314 électeurs s'étaient inscrits pour la primaire, a précisé le superviseur de la primaire, Antoine Rufenacht. Le nombre de suffrages exprimés est de 20.314, soit un taux de participation de 86,10%.

Agée de 40 ans, Nathalie Kosciusko-Morizet sera la principale adversaire de la socialiste Anne Hidalgo, 53 ans, qui brigue la succession de Bertrand Delanoë. Des sondages les placent au coude-à-coude en vue du premier tour de l'élection municipale de 2014.

UNE COURSE D'OBSTACLES

La campagne, puis le scrutin qui s'est déroulé par internet sur quatre jours, ont été un parcours d'obstacles pour l'ex-porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, qui avait d'abord cru à une formalité tant les sondages éclipsaient ses rivaux.

Cible de la frange la plus droitière de l'UMP, qui lui reproche notamment ses prises de position contre Patrick Buisson, l'inspirateur de la "droitisation" du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet avait également cristallisé le rejet des opposants au mariage homosexuel, qui ne lui pardonnent pas de s'être abstenue lors du vote de la loi Taubira.

Les résultats de la primaire ont été dévoilés après que chaque candidat eut déverrouillé le système informatique avec une clé, ainsi que l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht.

Pierre-Yves Bournazel avait jeté le trouble vendredi, au premier jour du vote, en demandant la suspension immédiate de la consultation, entachée selon lui de suspicion en raison de défaillances techniques et de manquements présumés de l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet au règlement de la primaire.

Une réunion de conciliation samedi avait permis d'apaiser les esprits, ainsi que l'intervention du président de l'UMP Jean-François Copé.

UNE CANDIDATE "LÉGITIME"

Pierre-Yves Bournazel n'a pas abandonné lundi ses accusations, parlant d'"irrégularités", mais il a assuré qu'il cheminerait désormais avec Nathalie Kosciusko-Morizet, "largement" élue, sur la voie de "la reconquête".

"Nous sommes dans la même famille politique et ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous a divisés", a-t-il dit à la presse. "Le résultat est tranché, il faut se rassembler", a déclaré pour sa part Jean-François Legaret sur BFM TV.

Une contestation est toujours possible et le président du conseil supérieur des primaires avait pris samedi les devants en affirmant que ceux qui voudraient "engager un contentieux ou engager des polémiques" pourraient le faire après le scrutin.

L'heure semblait toutefois à l'apaisement lundi soir.

"Les esprits se sont calmés. C'est une première qui s'achève de manière satisfaisante", a dit Antoine Rufenacht. "C'est un score clair qui permet à notre candidate d'être légitime", a ajouté Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris.

L'UMP, tout en reconnaissant "bugs" et tâtonnements, rejette l'accusation de "fiasco" que le Parti socialiste s'est empressé de porter, après l'épisode calamiteux de l'élection à la présidence de l'UMP en novembre 2012.

Des cadres du parti concèdent que la droite, où perdure la culture bonapartiste du chef, est encore réfractaire à l'exercice instauré et éprouvé par le PS. "A trop vouloir copier la gauche, on s'est bien ridiculisés", déplore un élu parisien.

Dans un aveu non sans saveur, Jean-François Copé a reconnu dimanche sur Canal+ que l'UMP devait se convertir à la démocratie. "Nous apprenons la démocratie, c'est assez nouveau".

D'anciens ministres et des élus craignent que l'unité du parti, déjà mise à mal par le conflit doctrinal entre son aile droite et les partisans d'une ligne plus modérée, ne résiste pas aux primaires ouvertes de 2016 pour la présidentielle de 2017.

Avec Chine Labbé

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