Kosciusko-Morizet en désaccord avec Sarkozy sur le gaz de schiste

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PARIS, 29 septembre (Reuters) - L'ancienne ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a marqué lundi son désaccord avec Nicolas Sarkozy sur le débat épineux du gaz de schiste, que l'ancien président a relancé lors de son premier meeting de campagne pour la présidence de l'UMP. Lors d'un discours à Lambersart (Nord) jeudi dernier, l'ancien chef de l'Etat a opéré un revirement sur le gaz de schiste en jugeant "inacceptable" l'interdiction d'exploiter cette ressource en France. Or c'est sous sa présidence que la France a bloqué l'exploration et la production de gaz de schiste en interdisant en juillet 2011 la principale technique utilisée pour l'extraire, la fracturation hydraulique. "Je ne peux pas accepter (...) que les Etats-Unis soient devenus du point de vue de l'énergie indépendants grâce au gaz de schiste et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie alors que le chômage ravage tant de nos territoires", a-t-il dit à Lambersart. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui soutient Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP, avait défendu le texte de loi devant l'Assemblée nationale. "Je ne suis pas surprise, c'est un débat ancien entre lui et moi. Je ne suis pas d'accord, tout simplement", a-t-elle commenté sur France Inter. "Je me suis battue pour qu'on puisse retirer les permis qui avaient été accordés (...) et passer une loi qui aujourd'hui interdit le type d'exploitation qui est pratiqué aux États-Unis", a-t-elle ajouté. Si elle est opposée à la technique d'extraction, Nathalie Kosciusko-Morizet n'est pas hostile au gaz en lui-même -- "du méthane que la France doit aujourd'hui importer". "Ce produit qu'on importe, si on pouvait le produire de manière propre chez nous, pourquoi pas". LE GOUVERNEMENT OPPOSÉ AU SCHISTE L'ancien ministre socialiste du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait rouvert la polémique en vantant dans le gaz de schiste "un gaz made in France", mais François Hollande a toujours refusé de revenir sur la loi de 2011. Dimanche, Ségolène Royal a réitéré l'opposition du gouvernement à l'exploration et à la production de cette énergie fossile, dont la présence dans le sous-sol français n'a jamais été vérifiée. "Tant que je serai ministre de l'Ecologie, il n'y aura pas de gaz de schiste en France. (...) Tous nos moyens publics et privés doivent être mis sur les économies d'énergie et les énergies renouvelables", a déclaré sur Europe 1 la ministre de l'Ecologie, dont la loi de transition énergétique sera débattue à l'Assemblée nationale à partir de mercredi. Les opposants au gaz de schiste soulignent que l'extraction de cette énergie, qui nécessite de grandes quantités d'eau et des produits chimiques, est dommageable à l'environnement et qu'elle n'est pas souhaitable à l'heure où la France cherche à réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Fin 2013, un rapport parlementaire, plutôt favorable à cette ressource, avait établi que la fracturation hydraulique s'était "considérablement améliorée" et représentait la "meilleure technique" pour extraire le gaz et le pétrole de schiste. (voir ID:nL5N0JC3D3 ) (Marion Douet, édité par Sophie Louet)

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  • dotcom1 le lundi 29 sept 2014 à 13:18

    Depuis le temps, ou sont les catastrophes écologiques annoncées aux Etats-Unis? Du sol empoisonné au bétail qui meure en masse, nulle trace sauf dans des documentaires de propagande financé par les écolos tels Gasland et autres négationismes scientifiques.