Kobe Bryant, un champion qu'on adore (détester)

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Mercredi contre Utah, la légende des Lakers, Kobe Bryant, a refermé le chapitre de sa vie NBA. Une carrière de champion pour un joueur toujours à la recherche de la perfection, quitte à déranger.

Voilà c’est fini… Comme dirait la chanson, ce 13 avril 2016 restera dans les mémoires comme le dernier match de Kobe Bryant sous le maillot des Lakers et sous un maillot de basket tout court. Avec cinq titres de champion NBA, le Black Mamba peut se targuer d’avoir fini à seulement une unité de son idole de toujours : Michael Jordan. Mais pour en arriver là, Kobe s’est mis des gens à dos. Alors que le célèbre 23 des Bulls, croqueur de ballons reconnu, avait compris à un moment de sa carrière que le basket est un sport d’équipe, Bryant n’y arrivera jamais, comme le décrit Phil Jackson, coach de Jordan et Bryant, dans son livre Eleven Rings « Il fait un sport individuel dans un uniforme d’équipe. ». Et le plus surréaliste dans cette histoire, c’est que l’un des joueurs les plus individualistes de l’histoire de la NBA n’a remporté qu’à une seule reprise le titre de MVP de la saison, pourtant référence de la distinction individuelle au basket. Bryant est un peu ce que Zlatan est à la Ligue 1 avec l’arrogance des grands champions : « Il a fallu que j’organise les choses, et j’ai créé le Black Mamba. Kobe doit gérer des problèmes et des défis personnels. Le Black Mamba, lui, est sur le terrain pour faire ce qu’il a à faire : détruire tous ceux qui sont sur le terrain. »

2003 : année de la rupture

Sous la tunique violette et or, Kobe s’est donc construit un palmarès à en faire rougir plus d’un notamment, grâce au Three Peat entre 2000 et 2002. Cette période marque l’âge d’or d’une génération des Lakers qui conquiert trois titres de suite - comme un certain Jordan. Mais ce succès ne cache en rien l’ambiance détestable qui régnait dans la franchise californienne. Un duel d’égo s’est installé entre Bryant et Shaquille O’Neal. Ce dernier remporte, en plus des trois titres de champion NBA, les trois titres de MVP des Finales. Un sacré affront pour KB24. S’en suit alors une guerre psychologique entre les deux stars comme le souligne le Shaq dans sa biographie Shaq Uncut. My Story « Dans une interview, il dit que je suis gros et hors de forme alors que nous avions promis à notre coach que nous arrêtions cette guerre. Ce fut une trêve rompue. J’ai dit aux gars que j’allais le tuer ». Mais la rupture sera totale au moment où Kobe, confronté à une plainte pour viol en 2003, déclare aux policiers que son coéquipier avait déjà payé des femmes afin de les faire taire concernant des ébats sexuels. Une accusation qui pousse le Shaq à quitter la « cité des anges » pour rejoindre Miami et qui entache l’image de Kobe Bryant.

Le Mamba aurait-il un cœur ?

Drafté en 1996, le Black Mamba devient alors la seule star des Lakers. Situation qui ne bougera pas jusqu’à sa retraite car l’égoïsme de Bryant fait peur au moment de l’arrivée de la free agency et donc LeBron James ou encore Chris Paul ne rejoindront jamais la franchise. Malgré un doublé en 2009-2010, le numéro 24 violet et or décline, la faute à des blessures (tendon d’Achille, fracture du genou, épaules et autres douleurs). Mais, fidèle à lui-même, il ne baisse pas les bras et revient pour une tournée d’adieu en 2015-16. Ses détracteurs diront qu’il plombe depuis trois ans sa franchise de toujours (106 matchs sur 246), avec une dernière saison à 35,4% aux tirs (pire pourcentage de sa carrière) et un salaire de ministre, 25 millions de dollars par an. Mais ce fan de foot profite de cette tournée d’adieu pour avouer avoir dépassé les limites par moments lors d’interviews-évènement, se rabibocher avec le Shaq, qui sera d’ailleurs au Staples Center ce mercredi contre utah. Loin du joueur réputé pour son sang-froid, Kobe Bryant montre le visage d’un homme qui accepte sa fin de carrière et ses erreurs. Elu joueur NBA de la décennie 2000-2010 devant Tim Duncan et son grand ami de toujours, O’Neal, la retraite de KB24 sera à l’image du joueur : grandiose (jusqu’à 55 000$ la place au bord du terrain) et pleine de critiques. Et comme dirait l’autre, c’est au nombre de « haters » qu’on juge aussi un joueur. Kobe Bryant devrait donc trouver une place au sommet du Panthéon de la NBA. David HERNANDEZ
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