Kobani toujours assiégée malgré l'arrivée des peshmergas

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par Omer Berberoglu et Rasha Elass MURSITPINAR, Turquie/BEYROUTH, 7 novembre (Reuters) - L 'intervention des 150 peshmergas irakiens qui combattent depuis une semaine aux côtés des défenseurs de Kobani, ville kurde du nord de la Syrie, n'a pas permis de briser le siège de l'Etat islamique mais l'a allégé, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les autorités locales. Equipés de pièces d'artillerie et de véhicules blindés, ils ont pu pilonner des positions des djihadistes autour de la ville et reprendre plusieurs villages des alentours mais la situation n'a guère évolué sur la ligne de front. L'est de la ville est toujours aux mains des combattants de l'EI tandis que les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) et leurs alliés tiennent l'ouest. "Il n'y a pas de changement du tout à Kobani malgré la présence des peshmergas. Une ou deux rues sont perdues de temps en temps avant d'être reprises", résume Rami Abdelrahman, directeur de l'OSDH, qui suit l'évolution du conflit syrien à l'aide d'un réseau d'informateurs. L'Etat islamique "est bien retranché à Kobani et les Kurdes réclament davantage d'armement lourd pour faire la différence (...) Une meilleure coordination est par ailleurs nécessaire entre les unités kurdes et les forces aériennes de la coalition", poursuit-il, ajoutant que les attentats suicides de l'EI s'avèrent efficaces. PLUS DE TIRS D'ARTILLERIE Les avions de la coalition mise sur pied à l'initiative des Etats-Unis ont bombardé vendredi des positions à l'ouest de Kobani. Accueillis en héros, les peshmergas venus du Kurdistan irakien via la Turquie sont arrivés sur place vendredi dernier. Sous la pression de la communauté internationale, Ankara, qui refuse d'intervenir à Kobani, a fini par les autoriser à transiter par son territoire. Le gouvernement du Kurdistan irakien autonome a fait savoir qu'ils n'était pas question pour eux d'aller au-delà des tirs d'artillerie. "La présence des peshmergas a évidemment été utile parce qu'ils bombardent les positions de l'EIIL (...)", assure Idris Nassan, membre de l'administration kurde de la région de Kobani. "Grâce aux bombardements des peshmergas, nous avons stoppé la progression de l'EIIL dans les zones rurales de l'ouest ainsi que sur les lignes de front de l'est et du sud-est de la ville", a-t-il ajouté, interrogé par Reuters. Des tirs d'artillerie très nourris ont retenti dans les jours qui ont suivi leur arrivée mais ces bombardements ont cessé depuis, d'après un correspondant de Reuters présent du côté turc de la frontière. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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