Klaxon, téléphone, ceinture... à chaque pays sa mauvaise habitude sur la route

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Zurijeta / shutterstock.com
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(AFP) - Les Espagnols klaxonnent, les Suédois téléphonent, les Italiens ne mettent pas tous leur ceinture et les Français... ont peur des autres conducteurs: une étude parue jeudi dévoile les petites spécificités des automobilistes européens en fonction de leur nationalité.

Les automobilistes de sept pays (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Italie et Suède) ont été interrogés sur leurs habitudes au volant pour ce "baromètre européen de la conduite responsable", réalisé par Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes.

L'enquête montre une certaine unité dans les réponses, avec parfois "des différences marquées selon les pays", note Bernadette Moreau, déléguée générale de la fondation.

Les personnes interrogées, quelle que soit leur nationalité, considèrent ainsi que "la conduite sous l'emprise d'alcool et de stupéfiants" est la première cause d'accidents mortels sur les routes, notamment les Français, à 78%. Seuls les Britanniques placent "l'inattention" en première position, devant "la vitesse excessive".

"L'alcool est un des facteurs de risque sur lesquels il y a le plus de campagnes, ce qui peut expliquer ce résultat", souligne François-Brice Hincker, porte-parole de la Fondation Vinci Autoroutes.

Sur autoroute, la vitesse excessive et la somnolence arrivent en tête.

Près d'un sondé sur deux (47%) estime que la Suède est le pays "où les conducteurs se montrent les plus responsables", devant l'Allemagne (26%) et la Grande-Bretagne (13%), un podium identique dans chacun des sept pays de l'étude.

"Traditionnellement, la Suède est toujours citée en exemple. Les Suédois bénéficient d'une réputation très favorable et c'est normal car ils ont les meilleurs résultats", souligne Mme Moreau.

A l'inverse, 50% des personnes interrogées considèrent l'Italie comme le pays "où les conducteurs sont les moins responsables", devant l'Espagne (16%) et la France (14%). Les Italiens sont 71% à se placer eux-mêmes en première position.

Plus du tiers des Italiens interrogés (35%) confessent d'ailleurs qu'ils oublient parfois d'attacher leur ceinture, alors qu'ils ne sont que 12% en Grande-Bretagne et 10% en France.

Les Espagnols, eux, sont 63% à admettre qu'ils "klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent", bien loin des Suédois (33%) et des Italiens (29%). Français et Allemands, à 67%, ont plutôt tendance à "injurier un autre conducteur".

Clichés et résultats inattendus

Mais si le cliché d'une démarcation entre conducteurs du nord "vertueux" et automobilistes latins dangereux a la vie dure, l'auto-évaluation des sondés fait apparaître des résultats inattendus.

Ainsi, 71% des Allemands et des Suédois concèdent qu'ils ne respectent pas toujours les distances de sécurité, contre 50% des Espagnols.

De même, 46% des Suédois disent téléphoner au volant sans kit mains libres, alors qu'ils ne sont que 24% à le faire en France ou en Espagne. Les conducteurs suédois sont d'ailleurs particulièrement réticents (43%) à une éventuelle interdiction totale du téléphone au volant, contrairement aux Britanniques, aux Espagnols et aux Italiens, que s'y déclarent largement favorables.

Autre mauvaise habitude, les Allemands sont ceux qui roulent le plus longtemps sans faire de pauses, avec un trajet moyen de 3H43, contre 2H45 pour les Français et les Espagnols. "Ils ont tendance à surestimer leur capacité à résister à la fatigue", selon Mme Moreau.

Les Belges, pour leur part, sont 25% à déclarer prendre le volant "en étant au-dessus de la limite d'alcool autorisée, sans pour autant ressentir les effets de l'alcool", contre 4% des Espagnols et 3% des Suédois.

Ils ne s'interdisent de prendre le volant qu'après une moyenne de 2,8 verres, presque trois fois plus que les Suédois (1,1).

Dans ce maelstrom d'incivilité routière, les Français cultivent leur particularité: 88% avouent "avoir peur du comportement agressif" des autres conducteurs.

Sondage réalisé entre le 29 janvier et le 10 février par internet auprès d'un échantillon, pour chaque pays, de plus de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population, selon la méthode des quotas.

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