Kiev veut traduire Ianoukovitch devant la CPI

le
0
LE PARLEMENT UKRAINIEN VOTE LE RENVOI DE VIKTOR IANOUKOVITCH DEVANT LA CPI
LE PARLEMENT UKRAINIEN VOTE LE RENVOI DE VIKTOR IANOUKOVITCH DEVANT LA CPI

par Timothy Heritage et Natalia Zinets

KIEV (Reuters) - Le parlement ukrainien a voté mardi en faveur du renvoi du président destitué Viktor Ianoukovitch devant la Cour pénale internationale (CPI), tandis que le président par intérim, Oleksander Tourchinov, a évoqué avec les agences de maintien de l'ordre des "signes dangereux de séparatisme", notamment en Crimée.

Sur le plan politique, l'ancien boxeur Vitali Klitschko, l'un des chefs de file de l'opposition à Viktor Ianoukovitch, a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 25 mai et, à l'international, Moscou a exprimé son inquiétude quant au sort des Russes vivant en Ukraine.

La Rada, qui a par ailleurs repoussé à jeudi la formation d'un gouvernement, a voté à une très large majorité le renvoi de Viktor Ianoukovitch devant la CPI pour "crimes graves", et a établi un lien entre l'ancien président et des violences policières à l'origine de la mort de plus de 100 personnes, originaires d'Ukraine et d'autres pays, lors des manifestations antigouvernementales entamées en novembre.

La résolution, qui fait état de 2.000 blessés, recommande également le renvoi de deux proches de Viktor Ianoukovitch, l'ex-ministre de l'Intérieur Vitali Zakhartchenko et l'ancien procureur général Viktor Pchonka, devant la CPI, basée à la Haye.

La CPI a précisé qu'elle attendait une requête officielle des autorités ukrainiennes, puisque Kiev n'a pas signé le traité fondateur de l'institution de La Haye, et elle a rappelé qu'il reviendrait ensuite au procureur de l'institution de la Haye de décider ou non d'ouvrir une enquête.

MISES EN GARDE SUR UNE PARTITION

L'ancien président, qui a été vu pour la dernière fois en Crimée, reste introuvable, mais son ancien chef de cabinet, qui l'accompagnait lors de sa fuite, a été blessé par balle à une jambe. On ne sait pas s'il était avec Viktor Ianoukovitch lors de l'incident.

À propos de la Crimée, région majoritairement pro-russe où ont eu lieu des manifestations contre l'éviction de Viktor Ianoukovitch, le président de transition Oleksander Tourchinov a évoqué des "signes de séparatisme" à l'occasion d'une réunion des chefs des agences de sécurité.

La destitution du chef de l'Etat, après trois mois de manifestations déclenchées par son refus de signer un accord d'associations avec l'Union européenne (UE), a conduit Moscou comme les Occidentaux à s'engager à éviter toute partition de l'Ukraine entre son Est russophone et son Ouest plutôt nationaliste et pro-européen.

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a prévenu mardi qu'il ne fallait pas "forcer" l'Ukraine à choisir entre l'Occident et Moscou.

Dans le camp occidental, Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie de l'UE, a cependant invité la Russie à laisser l'Ukraine choisir sa "voie", et Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, s'est dit favorable à la tenue d'une conférence des donateurs pour permettre à Kiev, qui a évalué ses besoins pour 2014 et 2015 à 35 milliards de dollars (25,5 milliards d'euros), d'obtenir une aide internationale.

Les troubles politiques ont fortement affecté l'économie du pays et la hryvnia, la monnaie ukrainienne, a touché mardi son plus bas niveau historique contre la monnaie américaine, à 9,70 pour un dollar.

(Avec Matt Robinson et Richard Balmforth à Kiev, Elizabeth Piper à Moscou et Thomas Escritt à La Haye; Julien Dury pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant