Kiev parle de 30 séparatistes tués près de Slaviansk

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KIEV PARLE DE 30 SÉPARATISTES TUÉS PRÈS DE SLAVIANSK
KIEV PARLE DE 30 SÉPARATISTES TUÉS PRÈS DE SLAVIANSK

par Matt Robinson et Aleksandar Vasovic

KRAMATORSK/ODESSA Ukraine (Reuters) - Le gouvernement ukrainien a affirmé mardi matin que plus de 30 séparatistes pro-russes avaient été tués dans des combats près de Slaviansk, leur bastion dans l'est de l'Ukraine, sur fond de nouvelles déclarations de Moscou contestant la présidentielle ukrainienne et la proposition allemande de tenir une seconde session de pourparlers à Genève.

"Nous estimons que les terroristes ont perdu plus de 30 des leurs", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Arsène Avakov.

Les séparatistes pro-russes ont tendu lundi une embuscade aux forces ukrainiennes, ce qui a déclenché des combats acharnés près de Slaviansk. Quatre militaires ukrainiens ont été tués et 20 autres blessés, selon le ministre de l'Intérieur. Les séparatistes pro-russes ont dit pour leur part avoir perdu quatre combattants dans ces affrontements.

La matinée de mardi, par contraste, a été plutôt calme tant dans l'est que dans le sud de l'Ukraine, mais les violents combats des derniers jours ont transformé la nature du conflit, et les positions des uns et des autres se sont durcies, laissant peu de place désormais à une issue pacifique.

S'exprimant à Vienne, à l'issue d'une réunion du Conseil de l'Europe, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a clairement jugé inutile la tenue de nouveaux pourparlers à Genève sur l'Ukraine, dans la mesure où, selon lui, l'accord conclu le 17 avril dans cette même ville pour tenter de ramener la paix n'avait pas été appliqué sur le terrain.

"Se réunir dans le même format, sans la présence de l'opposition à l'actuel régime ukrainien à la table des négociations, n'ajouterait pas grand-chose", a-t-il dit en réponse à la proposition allemande.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriy Dechtchitsia, s'est dit en revanche favorable à de nouvelles négociations à Genève, à condition que Moscou soutienne le processus électoral en Ukraine.

A ce propos, Sergueï Lavrov a jugé "singulier" la tenue le 25 mai de l'élection présidentielle alors même que, dit-il, les troupes ukrainiennes sont déployées contre des civils.

Presque au même moment, dans un entretien à RMC, le président français François Hollande estimait que si cette présidentielle ne se tenait pas, "ce serait le chaos et le risque de guerre civile. Voilà l'enjeu. (...) Il y a des moments où l'Histoire se joue."

LAVROV DOIT VOIR STEINMEIER

Et pour Petro Porochenko, qui fait figure de favori pour la présidentielle du 25 mai, le scrutin peut être maintenu malgré les troubles.

"Nous espérons être en mesure de terminer l'opération antiterroriste avant l'élection. Et là où nous n'y parviendrons pas, nous encerclerons les lieux pour éviter qu'ils n'interfèrent avec le scrutin", a-t-il déclaré.

Si la Russie ne fléchit pas et a même annoncé que de nouveaux sous-marins et bâtiments de guerre allaient rejoindre cette année la flotte de la mer Noire, Sergueï Lavrov a brièvement rencontré son homologue ukrainien en marge de la réunion du Conseil de l'Europe à Vienne.

"Il y a eu de brèves salutations. Ils ont parlé brièvement, mais ils n'étaient pas seuls", a dit un porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères au sujet de la rencontre, lundi soir, entre Sergueï Lavrov et Andriy Dechtchitsia.

Sergueï Lavrov devait en outre avoir un entretien mardi avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, lequel avait aussi prévu de voir séparément Andriy Dechtchitsia, a dit le ministère allemand des Affaires étrangères.

Dans une interview que publient mardi quatre journaux européens, Frank-Walter Steinmeier estime qu'au vu des images sanglantes d'Odessa, il est clair que l'Ukraine se trouve à deux doigts d'une confrontation militaire. (voir)

Dans l'est de l'Ukraine, les deux camps ont enterré leurs morts mardi. A Kramatorsk, ville toujours tenue par les séparatistes, le cercueil d'une infirmière de 21 ans a été transportée à travers les rues, où s'élèvent des barricades de pneus et d'arbres. Des oeillets rouges jonchaient les artères par lequel passait le cortège funèbre.

"Ils nous tirent dessus. Pourquoi? Parce que nous ne voulons pas vivre avec des fascistes?", s'interrogeait une photographe de 58 ans.

(avec Gabriela Baczynska et Alexei Anishchuk à Moscou, Sabine Siebold à Berlin; Tangi Salaün, Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français)

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