Kiev ordonne l'expulsion d'un attaché militaire russe

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KIEV ORDONNE L'EXPULSION D'UN ATTACHÉ MILITAIRE RUSSE SOUPÇONNÉ D'ESPIONNAGE
KIEV ORDONNE L'EXPULSION D'UN ATTACHÉ MILITAIRE RUSSE SOUPÇONNÉ D'ESPIONNAGE

par Natalia Zinets et Matt Robinson

KIEV (Reuters) - L'Ukraine a appréhendé l'attaché militaire russe à Kiev en disant l'avoir pris en "flagrant délit" d'espionnage et lui a ordonné de quitter son territoire, a annoncé jeudi le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

"L'attaché militaire naval de l'ambassade de la Fédération de Russie en Ukraine est déclaré persona non grata en relation avec ses actions, qui ne sont pas conformes à son statut diplomatique", a déclaré le ministère.

Ce diplomate, dont l'identité n'est pas précisée, a été pris mercredi "en flagrant délit alors qu'il recevait des informations de sa source sur la coopération militaire et politique entre l'Ukraine et l'Otan", a précisé la porte-parole des services de sécurité ukrainiens (SBU), Marina Ostapenko.

La source était un colonel de l'armée ukrainienne, a-t-elle ajouté.

Le diplomate a été remis à l'ambassade de Russie avec l'ordre de quitter le territoire.

Moscou n'a pas réagi dans l'immédiat.

Les autorités provisoires ukrainiennes accusent la Russie d'orchestrer en sous-main une agitation séparatiste dans l'est de l'Ukraine depuis la destitution le 22 février du président Viktor Ianoukovitch. Malgré le soutien de Moscou, ce dernier a été contraint de quitter le pouvoir après trois mois de contestation ayant dégénéré en violences à Kiev.

Emmenés par des hommes en treillis et cagoulés, des séparatistes pro-russes ont pris le contrôle de plusieurs villes de l'est de l'Ukraine, où le pouvoir central est incapable de stopper leur progression. Après Louhansk, capitale de la province la plus orientale du pays, mardi, ils se sont emparés mercredi à l'aube des villes voisines de Horlivka et Altchevsk.

MANOEUVRES DANS LE CENTRE DE KIEV

A Donetsk, la plus grande ville tombée entre leurs mains jusqu'à présent, ils ont proclamé une "république populaire" et annoncé la tenue d'un référendum d'autodétermination le 11 mai.

Si elle a lieu, cette consultation risque de perturber le déroulement de l'élection présidentielle prévue deux semaines plus tard sur le plan national.

Jeudi, des séparatistes ont attaqué le bureau du procureur de Donestk en l'accusant de travailler pour le gouvernement de Kiev. Ils ont lancé des pierres et des cocktails molotov avant de pénétrer dans le bâtiment, déserté par la police, rapporte l'agence Interfax-Ukraine.

La Russie, qui a massé des dizaines de milliers de soldats le long de la frontière selon l'Otan, dément toute implication dans ces troubles. Elle se réserve toutefois le droit d'intervenir pour protéger les populations russophones si elle les juge menacées.

Soutenues par les Etats-Unis et l'Union européenne, les autorités provisoires à Kiev espèrent pour leur part que le scrutin présidentiel constituera une étape décisive vers une sortie de crise, la plus grave depuis l'indépendance du pays en 1991 sur les ruines de l'ancienne Union soviétique.

Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, la garde de la sécurité d'Etat, chargée de la protection des principaux sites et responsables du pays, a effectué de petites manoeuvres dans le centre de Kiev. Quatre véhicules blindés de transport de troupes se sont rendus lentement près du Parlement, où plusieurs dizaines d'agents se sont déployés face à une menace fictive.

Le commandant de cette garde, Valeri Galeteï, a déclaré que cet entraînement visait à se préparer à d'éventuelles "provocations" le 25 mai, jour de la présidentielle.

(Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français)

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