Kiev mobilise tous ses réservistes face à Moscou

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LA RUSSIE PRÊTE À INTERVENIR EN UKRAINE
LA RUSSIE PRÊTE À INTERVENIR EN UKRAINE

par Peter Graff et Alissa de Carbonnel

MOSCOU/KIEV (Reuters) - L'Ukraine a mobilisé dimanche l'ensemble de ses réservistes, au lendemain d'un vote du parlement russe qui a donné au président Vladimir Poutine le feu vert pour envoyer des forces armées sur le territoire de l'ancienne république soviétique de 46 millions d'habitants.

Le Conseil ukrainien de sécurité a ordonné à l'état-major de placer l'armée en état d'alerte maximale, et le ministère de la Défense s'est vu demander de mener la mobilisation, qui concerne en théorie tous les hommes adultes de moins de 40 ans, tandis que Kiev annonçait la fermeture de l'espace aérien du pays aux appareils non civils.

Les forces russes ont en pratique déjà pris le contrôle de la République autonome de Crimée, où elles disposent d'une flotte dans le port de Sébastopol, et où les tensions sont les plus importantes huit jours après la destitution du président Viktor Ianoukovich.

Alors que les troupes russes tentaient de désarmer les petits contingents ukrainiens présents en Crimée, plusieurs manifestations favorables à Moscou ont eu lieu samedi dans l'Est russophone, et certaines ont dégénéré en affrontements avec des partisans des nouvelles autorités.

Au sein de la communauté internationale, à laquelle le président ukrainien de transition, Oleksander Tourtchinov a demandé de "véritables mesures", la France s'est prononcée pour la suspension du sommet du G8 prévu en juin à Sotchi, en Russie, là où viennent de se conclure des Jeux olympiques d'hiver.

Sur la même ligne, le président américain Barack Obama s'est entretenu pendant une heure et demi avec Vladimir Poutine, et a exprimé sa "profonde préoccupation à propos de la nette violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie", selon la Maison blanche.

La Chine, souvent proche de la Russie sur la scène internationale, a fait part de sa vive préoccupation et a demandé à "toutes les parties en Ukraine de résoudre pacifiquement leurs contentieux dans un cadre légal".

"SITUATION DANGEREUSE"

Washington et Londres ont reçu une demande de Kiev pour protéger le pays, dans le cadre d'un accord signé avec Moscou en 1994 sur la souveraineté ukrainienne, et Andriy Dechtchitsia, le ministre des Affaires étrangères, a aussi sollicité l'aide de l'Otan dont les ambassadeurs se sont réunis dimanche.

À l'occasion de cette réunion, Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, a redemandé à la Russie une "désescalade des tensions" et l'a accusée de menacer la paix et la sécurité en Europe.

"C'est probablement la situation la plus dangereuse en Europe depuis l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968", estime un diplomate occidentale. "Si on est réaliste, il faut reconnaître que la Crimée est entre les mains de la Russie. Le défi, c'est maintenant d'empêcher la Russie de prendre le contrôle de l'est de l'Ukraine."

Les maigres forces ukrainiennes basées en Crimée n'ont pu empêcher des militaires russes, qui ne portent pas d'insigne mais conduisent des véhicules clairement identifiés, d'investir des bâtiments publics, des aéroports et d'autres sites au cours des trois derniers jours.

Des marines ukrainiens étaient barricadés dimanche dans une base à Théodosie, un port de Crimée, et la Russie leur demandait de reconnaître les autorités régionales "légitimes", qui sont favorables à Moscou.

"Nous avons des ordres", a dit Dmitro Deliatiskiy, commandant de la base. "Nous sommes en train de préparer notre défense.

Ailleurs sur la péninsule, les forces russes semblaient moins actives, et elles ont disparu des environs d'un petit poste de garde ukrainien, dans le port de Balaclava, qu'elles encerclaient depuis samedi.

Pour Moscou, les russophones d'Ukraine courent un grand danger depuis l'éviction de Viktor Ianoukovitch, et le corps des gardes-frontières russes, qui a déclaré qu'environ 675.000 Ukrainiens avaient passé la frontière en janvier et en février, a évoqué un risque de "catastrophe humanitaire".

(Avec Natalia Zinets, Pavel Polityuk, Timothy Heritage et Stephen Grey à Kiev, Lina Kuschch à Donetsk, Peter Apps à Londres, Steve Holland et Phil Stewart à Washington et Louis Charbonneau aux Nations Unies; Danielle Rouquié et Julien Dury pour le service français)

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  • M7323809 le dimanche 2 mar 2014 à 14:15

    Certains pensent que je raconte des c...ries. Ils peuvent continuer à le penser. Il suffit à notre époque de ne pas se contenter d'écouter ce que vous disent les médias pour augmenter leur audience, mais se documenter un minimum sur l'histoire des pays autres que le sien, sortir un peu de son pré carré.

  • pierry5 le dimanche 2 mar 2014 à 14:07

    Cette histoire va permettre de cacher, dans nos pays occidentaux " si indignés " l'augmentation des dettes, du chômage, des faillites. On va peut-être en profiter pour glisser doucement quelques impôts etc.

  • M9700920 le dimanche 2 mar 2014 à 14:05

    Les USA, les pays européens et la Chine ne bougeront pas militairement contrairement à ce que pensent les politiciens ukrainiens, ils doivent arrêter de rêver.

  • jodo10 le dimanche 2 mar 2014 à 13:47

    @reanard on va commencer par raser ta maison et ta famille comme ca tu arreteras de raconter des c..nn..ies

  • M7323809 le dimanche 2 mar 2014 à 13:30

    L'accord conclu en 1997 entre l'Ukraine et la Russie prévoit que cette dernière a parfaitement le droit de faire stationner jusqu'à 25 000 hommes en Crimée. Je ne vois vraiment pas pourquoi les Occidentaux se permettent de parler d'invasion, en particulier les Américains. Qu'ils s'occupent d'abord de Guantanamo!

  • lompala le dimanche 2 mar 2014 à 13:28

    Bref, ils arment également ceux qui protestent contre le coup d'état ....idiotie ou provocation ??

  • nayara10 le dimanche 2 mar 2014 à 12:26

    @Mucius .les Japonais ont vécu sur les brevet Russes pendant la guerre froide.Les Russes ont des technologies qui fonctionnent à moins 60 degrés.Nous trois flocons de neige et c'est la paralysie complète ,plus la CGT .Quand au pétrole c'est eux qui ont démontré l'existence du pétrole abiotique.Il ont des torpilles Sqival:je ne parle pas des missiles subsonique.Nous ont construit beaucoup de Mosquées et ont cultive le chômage..

  • nayara10 le dimanche 2 mar 2014 à 12:18

    Nos gouvernents n'on vu que l'effet médiatique et soutenu des gens venus de nul part s'imposer comme démocrates en façade et une semanaine plus tard le rideau tombe..Ils auraient dû s'occuper des banlieues avant que celà pète aussi...Ils ont rien compris....Il y a deux semaines c'était les Suisses ,maintenant les Russes ...Nous aussi on protège la minorité du Maghreb...

  • combiera le dimanche 2 mar 2014 à 12:10

    "Une intervention militaire marquerait le début de la guerre et la fin des relations entre l'Ukraine et la Russie", dit-il !avec des déclarations d'une telle clairvoyance il est prêt pour entrer au gouvernenment de FH

  • pierry5 le dimanche 2 mar 2014 à 11:56

    Ils n'avaient..............................