Kiev lance un ultimatum et mobilise l'armée

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LE PRÉSIDENT UKRAINIEN LANCE UN ULTIMATUM ET MOBILISE L'ARMÉE DANS L?EST
LE PRÉSIDENT UKRAINIEN LANCE UN ULTIMATUM ET MOBILISE L'ARMÉE DANS L?EST

par Conor Humphries

KIEV (Reuters) - Les autorités ukrainiennes, prêtes à mobiliser l'armée, ont donné jusqu'à lundi 06h00 GMT aux séparatistes pro-russes pour déposer les armes et quitter les bâtiments publics qu'ils occupent dans l'est du pays, où on signalait dimanche au moins deux morts.

Le décret présidentiel fait suite à l'annonce par le président par intérim Oleksander Tourtchinov qu'il avait décidé de déclencher une opération antiterroriste d'envergure avec le renfort de l'armée.

Moscou a réagi à cette mobilisation en dénonçant un "ordre criminel".

Après le siège du gouvernement régional de Donetsk et le quartier général des services de sécurité (SBU) de Louhansk, occupés depuis le week-end dernier, de nouveaux bâtiments publics ont été pris ce week-end par les séparatistes pro-Russes à Slaviansk, Kramatorsk ou Marioupol dans l'est du pays.

Les contestataires réclament un référendum d'autodétermination à l'image de la consultation en Crimée qui a abouti à son annexion par la Russie.

KIEV DÉNONCE UNE GUERRE MENÉE PAR LA RUSSIE

Pour les nouvelles autorités ukrainiennes, au pouvoir depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch, il ne fait aucun doute que la Russie est de nouveau à la manoeuvre.

"Le sang des héros ukrainiens a été versé dans une guerre que mène la Fédération de Russie contre l'Ukraine", a déclaré à la télévision le président Tourtchinov, alors que des bilans faisaient état d'au moins deux morts et une demi-douzaine de blessés à Slaviansk.

"L'agresseur ne s'arrête pas et continue de semer le désordre dans l'est du pays", a poursuivi le chef de l'Etat par intérim qui a promis qu'il ne permettrait pas au Kremlin de "rééditer le scénario de la Crimée dans les régions orientales du pays".

Il a précisé que le Conseil national de sécurité et de défense avait décidé de déclencher une opération antiterroriste générale impliquant l'armée ukrainienne.

ÉVITER LA GUERRE CIVILE INCOMBE AUX OCCIDENTAUX, DIT MOSCOU

Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt réagi en dénonçant un "ordre criminel" et en estimant que la situation dans le sud-est de l'Ukraine prenait un "tour extrêmement dangereux".

"Nous condamnons résolument les tentatives de recours à la force brute contre des manifestants et des militants. Nous sommes particulièrement indignés par cet ordre criminel d'utiliser l'armée contre des manifestants", peut-on lire dans un communiqué mis en ligne sur la page Facebook du ministère.

Les autorités russes estiment désormais qu'une guerre civile menace en Ukraine et que la responsabilité pour l'éviter "incombe désormais aux Occidentaux", qu'elles appellent à "maîtriser" leurs "protégés" ukrainiens et à "les forcer à prendre leurs distances avec les néo-nazis et autres extrémistes, à cesser de recourir à la force armée contre le peuple ukrainien et à ouvrir immédiatement un véritable dialogue".

"CAMPAGNE CONCERTÉE"

L'analyse des Occidentaux est tout autre. Dès samedi, les Etats-Unis ont demandé au président Vladimir Poutine de cesser ses efforts de déstabilisation de l'Ukraine et ont adressé une mise en garde contre toute nouvelle intervention militaire russe.

Le vice-président américain, Joe Biden, est par ailleurs annoncé en visite le 22 avril prochain à Kiev.

Dimanche, c'est le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui s'est inquiété ce qu'il a qualifié de "campagne concertée" des pro-Russes et a prévenu que toute ingérence militaire de la Russie en Ukraine accentuerait son isolement international.

L'apparition d'hommes portant des armes russes et des uniformes dépourvus d'insignes, comme en portaient des soldats russes pendant la prise de contrôle de la péninsule de Crimée début mars, constitue, a-t-il dit, un "grave développement".

Rasmussen a exhorté la Russie à prendre des mesures pour une "désescalade" de la crise en retirant ses milliers de troupes regroupées près de la frontière avec l'Ukraine.

A Paris, Laurent Fabius, qui s'est entretenu par téléphone avec ses homologues américain et allemand avant des contacts prévus dans la soirée avec le chef de le diplomatie russe et le chef du gouvernement ukrainien, a indiqué que la France "condamnait très fermement les violences survenues hier (samedi) et aujourd'hui dans cette région".

"Nous appelons toutes les parties à la retenue et au dialogue, afin qu'une solution pacifique à la crise se dégage rapidement. Chacun doit oeuvrer à la désescalade", ajoute le ministre français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Samantha Power, la représentante permanente des Etats-Unis à l'Onu, a rappelé que son pays était prêt à accroître les sanctions contre la Russie en cas de poursuite de l'escalade dans l'est de l'Ukraine.

D'après l'agence de presse russe RIA citant des sources onusiennes, le Conseil de sécurité des Nations unies, où la Russie dispose d'un droit de veto, se réunira en urgence à 20h00 heures de New York (lundi à 00h00 GMT).

(avec Thomas Grove à Slaviansk, Alessandra Prentice à Moscou, Roberta Rampton et Doina Chiacu à Washington et Adrian Croft à Bruxelles; Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • M4987923 le lundi 14 avr 2014 à 05:05

    La Russie traverse une crise que personne ne veut mettre en avant. Le fossé entre riches (qui profitent du système) et pauvres ne fait que s'agrandir. Une chape de plomb empêche l'opposition de s'exprimer. Il n'y a aucune démocratie ni intention d'en développer une.Le jeu de Poutine est très simple, recréer l'ex URSS, avoir des satellites russes aux frontières avec l'UE et continuez ses petites magouilles avec un pouvoir oligarchique corrompu.

  • Berg690 le lundi 14 avr 2014 à 00:43

    L'UE n'est bonne qu'a payer comme en Bosnie où elle à donné 11mds et dont seulement 4 ont été véritablement à la population. D'ailleurs vous pouvez prendre date, la Bosnie-Herzégovine sera le prochain foyer de tension.

  • OREGON3 le lundi 14 avr 2014 à 00:02

    bah ont se demande bien ce qu'ils font ses ukrainiens, existe-t-il une police ? ou même une armée chez eux... par ce que du côté des russophones c'est la grande balade... à ce train là c'est la Pologne qu'ils réussiront à prendre.... et dire qu'il faudra encore les aidés à payer leurs factures de gaz...... ils faut couper les ponts avec les russes, des voyous point