Kiev et Moscou progressent sur les conditions d'une trêve

le
0

(Avec nouveau communiqué, déclarations) KIEV, 3 septembre (Reuters) - L'Ukraine et la Russie ont fait état mercredi de progrès sur la voie d'un arrêt des hostilités dans l'est de l'Ukraine. Après avoir parlé prématurément d'un "accord de cessez-le-feu permanent", la présidence ukrainienne a diffusé un communiqué annonçant que Petro Porochenko et Vladimir Poutine s'étaient entendus, au cours d'une conversation téléphonique, "sur les mesures à prendre pour faciliter l'établissement de la paix", rejoignant ainsi de précédentes déclarations du Kremlin. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré à l'agence RIA qu'aucun accord de cessez-le-feu n'avait été conclu car, a-t-il dit, la Russie n'est pas partie prenante au conflit entre Kiev et les séparatistes du Donbass, la grande région minière de l'Est ukrainien. "Poutine et Porochenko ont vraiment discuté des mesures qui contribueraient à un cessez-le-feu entre la milice et les forces ukrainiennes. La Russie ne peut physiquement conclure un cessez-le-feu car elle n'est pas partie au conflit", a dit Peskov. Un peu plus tôt dans la matinée, le Kremlin, faisant état de cet entretien téléphonique, avait déclaré que "les points de vue des deux présidents coïncid(ai)ent largement sur de possibles moyens de sortir de cette grave situation de crise". Mais Dmitri Peskov n'évoquait pas le terme de cessez-le-feu. L'Ukraine et les Occidentaux accusent la Russie d'intervenir directement dans le conflit du Donbass, ce que Moscou dément. LES COMBATS CONTINUENT Ces progrès annoncés par Moscou et Kiev interviennent alors que doit s'ouvrir jeudi au pays de Galles un sommet de l'Otan et que les dirigeants de l'Union européenne doivent prendre d'ici vendredi une décision sur un nouveau train de sanctions contre la Russie. Lors d'une visite à Tallinn, en Estonie, Barack Obama a déclaré qu'aucun règlement de la crise ne serait possible tant que la Russie enverrait dans l'Est ukrainien des troupes camouflées en rebelles séparatistes. Sur le terrain, aucun signe d'un arrêt des hostilités n'a pu être constaté. "Au moment où les journalistes m'annonçaient un cessez-le-feu, on s'est fait tirer dessus deux fois", a déclaré Sergiy Melnitchouk, commandant du bataillon de volontaires pro-ukrainiens "Aïdar", à la chaîne de télévision 112 TV. "Nous n'avons reçu encore aucun ordre. La Russie doit retirer ses forces de notre territoire. (...) Il faut arrêter ce massacre, nous détruisons le pays", a-t-il ajouté. Un chef rebelle, Vladimir Antioufeïev, vice-Premier ministre de la république populaire autoproclamée de Donetsk, a déclaré que les insurgés réclamaient toujours le départ des troupes ukrainiennes de leur "territoire" comme principale condition pour l'établissement de la paix. Selon les Nations unies, le conflit qui a éclaté en avril dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 2.600 morts et près d'un million de déplacés. (Pavel Polityuk et Gareth Jones, avec Lidia Kelly et Mark Trevelyan à Moscou; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant