Kiev entame à son tour le retrait des armes lourdes

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par Peter Graff KIEV, 26 février (Reuters) - L'armée ukrainienne a annoncé jeudi le début du retrait de ses armes lourdes déployés pour faire face aux séparatistes de l'est du pays, ce qui revient à reconnaître que le cessez-le-feu censé être entrée en vigueur le 15 février est bien respecté. Les rebelles prorusses avaient fait de même deux jours plus tôt mais Kiev estimait alors que le cessez-le-feu n'était pas effectif. Quelques heures avant d'annoncer le début du retrait, l'armée avait toutefois indiqué qu'aucun décès n'était à déplorer depuis deux jours dans ses rangs. Le retrait des armes lourdes constitue le deuxième point des accords de Minsk II conclu le 12 février sous l'égide de la France et de l'Allemagne et sa mise en oeuvre dépendait du respect du cessez-le-feu, qui en est donc le premier point. "L'Ukraine a entamé aujourd'hui le retrait des canons de 100 millimètres de la ligne de front", dit l'état-major ukrainien dans un communiqué, invitant l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a en faire le constat. "La partie ukrainienne réclame un cessez-le-feu complet et l'application immédiate de l'accord de Minsk de la part de tous les signataires. En cas de tentative d'offensive, le calendrier du retrait pourra être revu. Les forces ukrainiennes sont tout à fait prêtes à défendre le pays", ajoute-t-il. Selon des correspondants de Reuters sur place, aucun tir d'artillerie n'a retenti durant la nuit de mercredi à jeudi dans le secteur de Donetsk, chef lieu du Donbass tenu par les séparatistes. Malgré le cessez-le-feu, les miliciens prorusses ont poursuivi la semaine dernière leur offensive à Debaltseve, ville stratégique qu'ils ont conquise le 18 février. Depuis cette victoire, ils assurent vouloir respecter la trêve. L'Union européenne et les Etats-Unis, qui les ont accusés de violer les accords de Minsk avec l'aval de Moscou, semblent désormais se satisfaire de l'arrêt des hostilités. Au lendemain de la prise de Debaltseve, Kiev soupçonnait les séparatistes de vouloir pousser leur avantage jusqu'à Marioupol, ville portuaire de 500.000 habitants sur le littoral de la mer d'Azov. Les puissances occidentales ont quant à elle averti qu'une reprise de l'offensive dans le Donbass, que le Kremlin nomme désormais "Nouvelle Russie", entraînerait un alourdissement des sanctions. (Avec Natalia Zinets et Pavel Polityuk à Kiev et Maria Tsvetkova,; Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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