Kiev enfreint grossièrement l'accord de Genève, selon Lavrov

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SERGUEÏ LAVROV ACCUSE KIEV D'ENFEINDRE L'ACCORD DE GENÈVE
SERGUEÏ LAVROV ACCUSE KIEV D'ENFEINDRE L'ACCORD DE GENÈVE

MOSCOU (Reuters) - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé lundi les autorités ukrainiennes au pouvoir à Kiev de prendre des mesures en "contradiction grossière" avec l'accord signé la semaine dernière à Genève.

Le chef de la diplomatie russe a ajouté que la fusillade survenue dimanche matin à un checkpoint tenu par des séparatistes pro-Russes de Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, démontrait que Kiev n'avait pas la volonté de contrôler les extrémistes.

Les circonstances de l'attaque, qui a fait au moins trois morts, restent floues, les deux parties s'en rejetant la responsabilité et parlant de manipulation et de provocation.

"Des mesures sont en train d'être prises, avant tout par ceux qui se sont emparés du pouvoir à Kiev, qui non seulement ne respectent pas mais enfreignent grossièrement l'accord de Genève", a dit Lavrov lors d'une conférence de presse.

"Ces autorités ne font rien, ne lèvent même pas un doigt, pour s'attaquer aux causes de la profonde crise intérieure en Ukraine", a-t-il ajouté.

L'accord de Genève, signé jeudi par l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne, réclame l'arrêt immédiat des violences en Ukraine ainsi que le désarmement des groupes armés illégaux, la restitution des bâtiments illégalement occupés et la libération des espaces publics.

Pour Lavrov, "il est absolument inacceptable" que le pouvoir central ukrainien n'ait pas dispersé les manifestations qu'il a qualifiées d'illégales sur des places de Kiev.

Alors que le vice-président américain Joe Biden est attendu mardi à Kiev où il rencontrera les dirigeants ukrainiens, Sergueï Lavrov a appelé Washington à assumer ses responsabilités dans le changement de pouvoir intervenu fin février à Kiev plutôt que de lancer des ultimatums à la Russie.

"Avant de nous fixer des ultimatums, de réclamer que nous honorions des demandes dans un délai de deux à trois jours sous la menace de sanctions, nous appelons avec urgence nos partenaires américains à assumer pleinement la responsabilité de ceux qu'ils ont porté au pouvoir", a-t-il dit.

(Vladimir Soldatkin; Henri-Pierre André pour le service français)

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