Kiev aurait lancé son opération dans l'est de l'Ukraine

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OPÉRATION "ANTITERRORISTE" EN COURS DANS L'EST DE L'UKRAINE, DIT KIEV
OPÉRATION "ANTITERRORISTE" EN COURS DANS L'EST DE L'UKRAINE, DIT KIEV

par Richard et Balmforth et Thomas et Grove

KIEV/SLAVIANSK(Reuters) - L'"opération antiterroriste" annoncée dès dimanche soir par les autorités de Kiev dans l'est de l'Ukraine est en cours selon les dirigeants ukrainiens, mais aucun accrochage n'a été signalé pour l'instant.

Le président ukrainien par intérim, Olexander Tourtchinov, a assuré mardi matin que l'opération visant à reprendre les bâtiments occupés depuis le week-end avait débuté au cours de la nuit dans le nord de la région de Donetsk, mais qu'elle se déroulerait "par étapes" et d'une "manière réfléchie".

Vingt-quatre heures après l'expiration de l'ultimatum lancé par Kiev, les témoins dans l'est du pays ne signalaient aucun assaut contre les bâtiments aux mains des séparatistes.

A Slaviansk, un journaliste de Reuters déclarait mardi matin n'avoir entendu ni tirs ni explosions dans cette ville de 120.000 habitants, située à 150 km de la frontière russe.

Devant le siège de la police locale, occupé par les séparatistes, une dizaine de civils étaient juchés sur les barricades érigées avec des pneus et des morceaux de bois. Des cosaques montaient la garde devant l'hôtel de ville. Les magasins étaient ouverts comme d'habitude.

"Il y a eu beaucoup de rumeurs faisant état de violences, mais c'est très calme ici. Nous contrôlons la situation", a dit un civil sur les barricades, devant le QG de la police.

Dans la région de Perchotravni, une centaine de séparatistes ont bloqué la progression d'une unité de l'armée ukrainienne et demandé aux soldats de poser les armes, a déclaré un dirigeant local, Dmitro Tchernitsa. Les séparatistes sont cependant partis lorsque deux hélicoptères ukrainiens ont fait leur apparition.

A Kramatorsk, les séparatistes pro-russes qui occupaient le siège de la police depuis samedi ont quitté les lieux, mais ils ont pris le contrôle des locaux de la SBU, les services de sécurité, ont déclaré des responsables.

A Moscou, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a estimé que l'Ukraine était au bord de la guerre civile.

"Le sang a été versé de nouveau en Ukraine. Le pays est au bord de la guerre civile", a-t-il dit sur sa page Facebook, deux jours après la tentative infructueuse des services de sécurité ukrainiens de reprendre le contrôle de Slaviansk, l'une des dix villes où les séparatistes se sont emparés d'installations. Au moins deux personnes ont été tuées dimanche au cours de cette tentative.

Pour l'ambassadeur d'Ukraine aux Nations unies à Genève, Iouri Klimenko, les troubles dans l'est de l'Ukraine sont un "prétexte fabriqué de toutes pièces" par la Russie pour saborder les pourparlers à quatre qui doivent se tenir jeudi en présence de diplomates européens, américains, russes et ukrainiens pour réduire les tensions aux frontières. L'Ukraine, en revanche, ne veut pas que soient évoquées les questions d'ordre intérieur lors de ce forum.

POUTINE ET OBAMA CAMPENT SUR LEURS POSITIONS

"Nous ne discuterons pas d'une fédéralisation de l'Ukraine. Cette question-là n'est pas à l'ordre du jour", a déclaré Klimenko lors d'une conférence de presse à Genève.

Moscou dit vouloir des changements constitutionnels en Ukraine afin que les régions russophones, où se trouvent une grande partie des industries lourdes d'Ukraine, disposent de pouvoirs élargis.

Pour le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, la Russie devra montrer jeudi aux discussions de Genève qu'elle entend sérieusement amorcer la désescalade en Ukraine.

"Nous attendons de la Russie des mesures sérieuses, visibles par tous, à ces discussions, qui aillent dans le sens d'une désescalade. Il incombe à la Russie d'empêcher que la tension ne s'aggrave(...)", a-t-il dit en évoquant de nouvelles sanctions si ce n'est pas le cas.

Dans un rapport publié mardi, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme estime que des membres de la communauté russe de l'est de l'Ukraine ont prétendu de manière mensongère être victimes d'agressions afin de justifier une intervention de la Russie. Il est aussi affirmé dans ce document que les partisans d'un rattachement de la Crimée à la Russie ont pratiqué de la désinformation systématique afin de créer "un climat de peur et d'insécurité".

En visite en Chine, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a démenti mardi que Moscou attise le séparatisme dans l'Est ukrainien en prélude à des opérations comparables à celles qui ont conduit au rattachement de la Crimée à la Russie.

"L'Ukraine propage des mensonges en disant que la Russie est à l'origine de ce qui se passe dans le Sud-Est", a-t-il dit.

Dans un entretien téléphonique avec Barack Obama lundi soir, le président russe Vladimir Poutine a nié toute ingérence de Moscou dans l'Est ukrainien et appelé Washington à user de son influence auprès de Kiev pour éviter un bain de sang.

Les deux chefs d'Etat ont campé sur leurs positions, Barack Obama demandant pour sa part à Moscou d'agir auprès des groupes armés pro-russes pour les convaincre de quitter les bâtiments officiels qu'ils occupent et de retirer les troupes russes massées à la frontière.

(avec Annika Breidthardt et Noah Barkin à Berlin, Lina Kouchtch et Pavel Politiouk à Donetsk, Tom Miles à Genève; Eric Faye pour le service français)

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  • ZvR le mardi 15 avr 2014 à 16:42

    Gnéé. faut arrêter de fumer la moquette.

  • dotcom1 le mardi 15 avr 2014 à 16:06

    L'Urkaine millénaire se dresse contre la barbarie terroriste d'une poignée d'agitateurs orientaux alimentés au gaz.