Kiev accuse les rebelles d'entraver l'enquête sur le vol MH17

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KIEV ACCUSE LES INSURGÉS D'ENTRAVER L'ENQUÊTE SUR LE BOEING MALAISIEN
KIEV ACCUSE LES INSURGÉS D'ENTRAVER L'ENQUÊTE SUR LE BOEING MALAISIEN

par Anton Zverev

HRABOVE (Reuters) - Kiev a accusé samedi les rebelles pro-russes de chercher à détruire des preuves de "crimes internationaux" sur le site du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts jeudi dans l'est de l'Ukraine, charge rejetée par les insurgés.

Selon l'enquête américaine, qui conforte la thèse de Kiev mettant en cause les séparatistes, le vol MH17 effectuant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur a été détruit par un missile tiré à partir d'une zone tenue par les insurgés pro-russes.

A Washington, Barack Obama a exhorté la Russie à cesser de soutenir la rébellion dans l'est de l'Ukraine et estimé que le drame du Boeing devrait servir de "piqûre de rappel" à la communauté internationale pour tenter de mettre fin au conflit, alors que de violents combats ont éclaté à Louhansk quelques heures après son allocution.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est prononcé vendredi par consensus pour une enquête internationale "exhaustive, minutieuse et indépendante" et a appelé à un cessez-le-feu dans la région.

A Moscou, on s'indigne des mises en cause américaines et on estime qu'il ne faut pas préjuger de l'issue de l'enquête, qui se heurte à des difficultés.

Le mystère reste d'abord entier concernant le sort des deux boîtes noires de l'appareil. Le Conseil de sécurité ukrainien a déclaré qu'il ne disposait d'aucune information concernant les enregistreurs de vol. "Aucune d'entre elles n'a été remise à la partie ukrainienne", a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité Andrij Lissenko.

Le chef séparatiste Alexandre Borodaï a assuré pour sa part que les boîtes noires n'avaient pas été retrouvées, alors que des rebelles avaient dit jeudi soir en avoir récupéré une.

TRACTATIONS ENTRE REBELLES ET OSCE

Par ailleurs, les séparatistes pro-russes et les observateurs internationaux n'étaient toujours pas parvenus samedi à un accord sur la délimitation d'une zone de sécurité autour du champ où s'est écrasé l'appareil, a-t-on appris auprès des deux parties.

Des rebelles ont empêché les membres de l'OSCE de s'approcher de l'épave, formant un périmètre autour du champ où sont éparpillés de nombreux débris, avant de leur laisser l'accès à une partie des lieux, a constaté un journaliste de Reuters.

Selon Alexandre Borodaï, les séparatistes ont laissé le site intact mais s'inquiètent de la décomposition des corps en raison de la chaleur. "Nous nous réservons le droit, si les délais se prolongent (...), de commencer à retirer les corps", a dit le Premier ministre de la république autoproclamée de Donetsk.

A Hrabove, un rebelle a déclaré à Reuters que des corps avaient déjà été emportés dans des camions. Sur fond de rumeurs de pillage, les séparatistes et des habitants des environs disent faire de leur mieux pour collecter des éléments et préserver les restes humains.

Andrij Lissenko a dit pour sa part que 186 corps avaient été récupérés samedi à 07h00 sur les lieux du crash par les services de secours ukrainiens. "La zone qui doit être explorée est large de 25 km2. Dix-huit km2 ont déjà été explorés", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

"Les combattants ont autorisé les employés du ministère à travailler là-bas, mais ils ne leur ont pas permis d'emporter quoi que ce soit. Les combattants emportent tout ce qui est trouvé."

Le gouvernement ukrainien a accusé les rebelles de "chercher à détruire des preuves de crimes internationaux" et d'avoir emporté 38 cadavres.

INTERPOL ENVOIE UNE ÉQUIPE

La Malaisie, dont la compagnie nationale est ébranlée par sa deuxième catastrophe majeure en quatre mois, après la disparition du vol MH370 le 8 mars, a décidé d'envoyer à Kiev son ministre des Transports Liow Tiong Lai pour obtenir un accès sécurisé au site à une équipe d'enquêteurs malaisiens.

Une équipe d'Interpol et d'Europol est attendue dimanche à Kiev pour aider à l'identification des victimes.

Selon Malaysia Airlines, 189 Néerlandais se trouvaient à bord de l'appareil, ainsi que 29 Malaisiens, 27 Australiens, 12 Indonésiens, neuf Britanniques, quatre Allemands, quatre Belges, trois Philippins, un Canadien, un Néo-Zélandais et un Américain. Trois passagers n'ont pu être identifiés, mais il n'y a pas de Français parmi eux, a assuré Paris.

Quatre-vingts enfants figurent parmi les victimes, ont fait savoir les Nations Unies.

Les emplacements ont été marqués à l'aide de fanions blancs de fortune et certains corps dévêtus par la violence des chocs, sont recouverts de bâches en plastique. Une retraitée vivant à proximité a raconté que le cadavre d'une femme avait traversé le toit de sa maison pour s'écraser dans la cuisine.

(Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • alvaro71 le samedi 19 juil 2014 à 17:47

    Quelle honte ces Russes ! Même pas de respect pour ces morts et leur famille

  • mucius le samedi 19 juil 2014 à 14:06

    Les terroristes ont transporté 38 corps de victimes à la morgue de Donetsk, où des spécialistes parlant avec un net accent russe ont déclaré qu'ils procéderaient à leur autopsie. Les terroristes cherchent aussi des moyens de transport à grande capacité pour transporter les restes de l'avion en Russie »

  • mucius le samedi 19 juil 2014 à 14:05

    De même Kuala Lumpur accuse les rebelles de faire disparaître les preuves. La Russie n'inspire que du dégoût!