Kidiaba, le gardien de la paix

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Kidiaba, le gardien de la paix
Kidiaba, le gardien de la paix

Robert Kidiaba est l'idole de la RDC, un pays ravagé depuis vingt ans par de terribles conflits entre groupes armés. Le football en bandoulière, le gardien star du Tout-Puissant Mazembe espère bien suspendre les massacres un jour. En attendant, il multiplie les parades, prie Dieu avec ferveur et danse sur ses fesses à chaque but marqué.

Le monde a découvert Robert Muteba Kidiaba un 14 décembre 2010. Lors de la demi-finale du mondial des clubs, entre le TP Mazembe et l'International Porto Alegre. A la 53e minute, lorsque Mulota Kabangu a ouvert le score dans la moiteur d'Abu Dhabi, il a non seulement permis au Tout-Puissant de créer un exploit sans précédent dans la compétition, mais aussi sonné le quart d'heure warholien de son gardien. Pour célébrer le but en mondovision, le portier congolais a commencé à sauter sur son cul, sans s'arrêter. Inexplicablement. "Cette danse, on m'en parle très souvent, c'est ce qui m'a rendu célèbre" sourit l'intéressé, qui n'a jamais quitté les artères poussiéreuses et colorées de Lumbumbashi depuis son arrivée au club en 2002. "J'ai commencé à la faire dès 1995, au début de ma carrière. A la base, c'est un exercice d'entraînement, ça sert à travailler les abdominaux. Un jour, pendant une séance, j'ai essayé d'aller le plus loin possible. Sans raison particulière, juste pour voir. Résultat, j'ai fait cinquante mètres, et c'est devenu ma spécialité".
Star à domicile
Cinq ans ont passé, mais la chorégraphie est restée. Ce savoir-faire unique, sa marque de fabrique, Kidiaba a appris à le cultiver avec soin et parcimonie. "Le public la réclame souvent, mais je ne la fais que lorsque l'on marque un but important" murmure-t-il à distance de Patrice Carteron, qui a repris en main le TP Mazembe, quadruple champion en titre de République démocratique du Congo. "J'ai dû me fâcher une fois avec Robert. Il avait mal, il était blessé, et malgré tout, il voulait quand même faire sa danse pour faire plaisir aux supporters J'ai cru rêver ". Star à domicile, Kidiaba a accédé au rang d'icône grâce à ses arrêts réflexes impressionnants et sa coupe de cheveux alambiquée, qui remporte un franc succès auprès des plus jeunes. "En Afrique, c'est un peu compliqué, je suis obligé de vivre caché en permanence" avoue-t-il sans peine, discrètement retranché dans les locaux du club à l'heure de la sieste : "Je ne peux pas sortir à part dans une voiture aux vitres fumées sinon c'est l'émeute, on me demande des autographes ou de l'argent". Malgré la pression, ce dernier reste sympathique en toute occasion. "Il a un problème je crois, à huit heures du matin ou à minuit le soir, il a toujours le sourire " assène...


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