Khadjiev, de l'enfer du Daghestan au rêve d'or bleu

le , mis à jour à 06:25
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Khadjiev, de l'enfer du Daghestan au rêve d'or bleu
Khadjiev, de l'enfer du Daghestan au rêve d'or bleu

Lutte libre. Zelimkhan Khadjiev ne sait pas encore s'il entendra « la Marseillaise » résonner sous le ciel de Rio. Mais même s'il venait à monter sur la plus haute marche du podium, nul ne le verra essuyer une larme de joie. « Chez nous, un homme, ça ne pleure pas ! » lâche-t-il dans un éclat de rire. Ce que son inaltérable bonne humeur ne dit pas, c'est que ce fameux « chez lui » ne se situe pas dans cette baie des Anges de Nice où sa famille a trouvé refuge en 2005. Mais dans l'enfer d'un petit village tchétchène du Daghestan, république du Caucase russe, qui l'a vu naître presque sous les bombes. « Je n'ai pas vécu au coeur des bombardements, glisse-t-il sans ciller. Mais les tanks et tous les véhicules militaires passaient par chez nous pour se rendre sur les zones de conflit. Dans mon village, les attentats aux voitures piégées, les meurtres ou les explosions de mines étaient monnaie courante. Moi, à l'époque, ça ne me dérangeait pas, j'avais grandi là- dedans. C'est plus mes parents qui n'en pouvaient plus. »

 

Onze ans après, Zelim entend les remercier, à sa façon, du courage qu'ils ont eu d'abandonner leur métier de vétérinaire et d'institutrice pour les préserver du pire, lui, son frère aîné Islam et ses deux soeurs. « Ils ont tout quitté pour nous offrir une meilleure vie, lâche le lutteur. Ici, ma mère est devenue femme de chambre, mon père maçon... C'est un sacrifice énorme qu'ils ont fait. Je me sens obligé de donner le maximum en retour. Ils n'ont pas fait tout ça pour que je finisse à la rue ou à faire des conneries. Je veux les rendre fiers. »

 

Seul représentant masculin de la lutte tricolore

 

Et le gamin, qui avait débuté la lutte à 7 ans au pays, n'a pas tardé à mettre sa théorie en pratique. Malgré la fracture du crâne contractée en 4e après une sale chute dans la cour d'école, Zelim Khadjiev n'est pas longtemps resté au tapis. « Bronzé » aux ...

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