Kerry promet le soutien américain à l'Irak face à l'EIIL

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KERRY PROMET LE SOUTIEN AMÉRICAIN À L'IRAK FACE À L'EIIL
KERRY PROMET LE SOUTIEN AMÉRICAIN À L'IRAK FACE À L'EIIL

par Lesley Wroughton et Ahmed Rasheed

BAGDAD (Reuters) - En visite lundi à Bagdad, le secrétaire d'Etat américain a plaidé l'union face aux extrémistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et a promis le soutien "intense et durable" des Etats-Unis au gouvernement irakien pour les repousser.

Le chef de la diplomatie américaine, dont la venue en Irak n'avait pas été annoncée, a rencontré pendant une heure et quarante minutes le Premier ministre Nouri al Maliki qui s'est dit déterminé à respecter la date-butoir du 1er juillet pour la formation d'un nouveau gouvernement, à la suite des élections législatives qu'il a remportées le 30 avril dernier.

La semaine dernière, le président Barack Obama a annoncé l'envoi de conseillers militaires américains en Irak pour aider les forces gouvernementales à faire face aux djihadistes.

Le président américain n'a pas exclu, si nécessaire, des frappes aériennes pour stopper l'avancée des islamistes et a invité Maliki, contesté par la minorité sunnite du pays, à faire des gestes envers toutes les communautés religieuses et ethniques irakiennes.

"Il s'agissait aujourd'hui d'obtenir de tous les dirigeants une clarification sur le processus de formation du gouvernement", a dit John Kerry. "Le Premier ministre Maliki a affirmé, clairement et à plusieurs reprises, qu'il respecterait la date du 1er juillet" pour former ce nouveau gouvernement, a-t-il ajouté.

"Le soutien (des Etats-Unis à Bagdad) sera intense et durable et si les dirigeants irakiens prennent les mesures nécessaires pour rassembler le pays, ce sera efficace", a poursuivi le secrétaire d'Etat.

"Cela permettra aux forces de sécurité de faire face à l'EIIL plus efficacement, afin de préserver la souveraineté de l'Irak, tout comme les intérêts vitaux de l'Amérique et de la région."

"L'EXISTENCE MÊME DE L'IRAK MENACÉE"

"C'est l'existence même de l'Irak qui est menacée et les dirigeants irakiens doivent de toute urgence repousser cette menace. L'avenir de l'Irak dépend des choix qui seront faits dans les prochains jours et dans les prochaines semaines", a insisté John Kerry.

Dans son entourage, on notait toutefois que l'avancée des djihadistes de l'EIIL et de leurs alliés sunnites vers Bagdad s'est nettement ralentie.

Des tribus sunnites se sont néanmoins emparées dimanche du poste-frontière de Touraïbil, seul point de passage entre l'Irak et la Jordanie, après la fuite des forces de sécurité irakiennes. Des djihadistes emmenés par l'EIIL ont aussi conquis au cours du week-end trois villes de l'Ouest irakien, de même que deux postes-frontières à la frontière avec la Syrie.

De récents entretiens entre le Premier ministre irakien et des responsables américains s'étaient déroulés dans une atmosphère tendue. Des émissaires américains ont même indiqué, en termes diplomatiques, que Washington était "ouvert" à un départ du Premier ministre, en place depuis mai 2006.

L'administration américaine a opportunément fait fuiter vendredi que les agences du renseignement américains avaient alerté à plusieurs reprises ces deux dernières années des risques de la politique menée par Maliki.

Ces rapports signalaient explicitement que le gouvernement irakien suscitait une violente animosité parmi la communauté sunnite, qui représente 35% environ de la population, au point de renforcer l'EIIL, émanation d'Al Qaïda dirigée par le mystérieux Abou Bakr Al Baghdadi.

Un proche allié de Maliki rapporte que le Premier ministre chiite, qui avait officiellement demandé l'aide de l'aviation américaine, est de plus en plus irrité par l'attitude de Washington.

(Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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