Kerry prépare une nouvelle initiative sur la Syrie

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par Lesley Wroughton et Phil Stewart WASHINGTON, 26 septembre (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'efforcera de lancer une nouvelle initiative sur la Syrie lors d'entretiens en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ces prochains jours à New York. Il s'entretiendra dès samedi avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, déclarent des responsables de l'administration de Barack Obama. Ayant pris acte de l'échec d'un processus de paix lancé par les Nations unies, le chef de la diplomatie américaine compte tester plusieurs idées en faveur d'une nouvelle approche. Celle-ci, qui en est encore au premier stade de réflexion, pourrait rassembler la Russie, l'un des principaux alliés du président Bachar al Assad, et l'Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, qui soutiennent la rébellion. Trois ans après les accords de Genève, qui fixaient les grandes lignes d'un chemin vers la paix et d'une transition politique, le processus engagé par l'Onu n'a pas porté ses fruits. Le récent renforcement de la présence militaire russe en Syrie et la crise migratoire en Europe accentuent l'urgence d'une solution politique à ce conflit qui dure depuis plus de quatre ans et a fait 250.000 morts et 11,6 millions de déplacés et réfugiés. "Le secrétaire Kerry va donc tenter de trouver une formule qui nous permettra de revenir à des négociations substantielles", a expliqué un haut fonctionnaire américain. Le dossier syrien fera l'objet de discussions samedi à New York lors d'un tête à tête entre John Kerry et Mohammad Javad Zarif, a précisé quant à elle la sous-secrétaire d'Etat Wendy Sherman. L'Iran est avec la Russie le principal allié de Damas et soutient la milice chiite libanaise du Hezbollah qui combat aux côtés des forces gouvernementales. PLUS DE CALENDRIER STRICT Les responsables américains admettent que l'Iran devra participer en fin de compte à un quelconque règlement politique. "Nous savons pertinemment qu'il y a des intérêts parallèles" en Syrie, a dit Wendy Sherman. John Kerry n'avait pas souhaité discuter de la Syrie pendant les négociations sur le nucléaire iranien, qui ont abouti le 14 juillet dernier, afin de ne pas laisser croire à la République islamique qu'elle pourrait monnayer des concessions. Les contacts entre puissances se multiplient depuis plusieurs jours sur le dossier syrien. La Maison blanche a déclaré jeudi que Barack Obama et Vladimir Poutine s'entretiendraient de la question lundi à New York. Les diplomates y voient une occasion en or pour les Américains de mieux comprendre les intentions de Moscou, dont ils se méfient depuis l'annexion de la péninsule de Crimée en mars 2014, qui a entraîné la rupture des échanges militaires entre les deux pays. Les Etats-Unis réclament le départ de Bachar al Assad, mais n'insistent plus sur un calendrier strict. Son départ ne pourra être négocié "en un jour ou un mois", a dit récemment John Kerry en demandant l'appui de Moscou et Téhéran pour convaincre Damas de discuter. ID:nL5N11P0DL François Hollande a de son côté souhaité le départ de Bachar al Assad "à un moment ou à un autre". ID:nL5N11D1L5 L'Allemagne et la Grande-Bretagne ont quant à elles fait savoir ces derniers jours qu'elles étaient prêtes à parler à Bachar al Assad. ID:nL5N11V2JF ID:nL5N11V1VE "Nous soutenons pleinement le processus de l'Onu et nous cherchons à explorer d'autres voies, même si le fondamental: 'Assad doit partir' reste d'actualité", dit un responsable européen. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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