Kerry évoque des conséquences si l'accord est enfreint en Syrie

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 (Actualisé tout du long) 
    WASHINGTON/BEYROUTH, 23 février (Reuters) - Le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry a estimé mardi que ce serait une 
erreur de la part de la Russie ou de toute autre partie prenante 
au conflit en Syrie de ne pas respecter l'accord de cessation 
des hostilités, précisant qu'un tel cas de figure aurait des 
conséquences. 
    "Quiconque pense qu'il peut violer cet accord en toute 
impunité commet une grave erreur", a expliqué John Kerry devant 
la commission sénatoriale américaine des Affaires étrangères. 
    "La preuve se fera par les actes dans les prochains jours", 
a poursuivi le secrétaire d'Etat américain, précisant que 
d'autres options, pouvant inclure une action militaire, sont à 
l'étude si une transition politique visant à remplacer l'actuel 
administration au pouvoir ne voit pas le jour en Syrie. 
    "D'importantes discussions sont actuellement en cours en vue 
d'un plan B si nous ne parvenons pas à réussir à la table des 
négociations", a ajouté le chef de la diplomatie américaine. 
    John Kerry a jugé que les deux prochains mois diront si on 
peut croire à ce processus de transition et si le clan Assad 
entend "prendre de véritables décisions quant au processus de 
formation d'un gouvernement de transition". 
    "Si nous attendons plus longtemps, il risque d'être trop 
tard pour conserver l'unité de la Syrie", a-t-il jugé. 
    François Hollande s'est entretenu au téléphone avec David 
Cameron, Angela Merkel et Barack Obama au sujet de la situation 
en Syrie. 
    Les présidents français et américain, le Premier ministre 
britannique et la chancelière allemande "ont indiqué qu'ils 
seraient très vigilants sur le respect des engagements conclus 
le 11 février par le Groupe international de soutien à la Syrie 
(GISS) et notamment l'arrêt des frappes de la Russie et du 
régime syrien sur les groupes d'opposition modérés et les 
populations civiles", précise l'Elysée dans un communiqué.     
    Lors des discussions du 11 février dernier des représentants 
des grandes puissances réunis à Munich, la Russie s'était 
déclarée prête à discuter d'un cessez-le-feu à partir du 1er 
mars.   
    François Hollande, David Cameron, Angela Merkel et Barack 
Obama ont également "insisté sur l'urgence de prendre toutes les 
mesures nécessaires afin de mettre un terme à la crise 
humanitaire, en particulier à Alep". 
    De son côté, le Haut conseil pour les négociations (HCN), 
représentant l'opposition syrienne, a annoncé mardi soir que la 
Russie avait intensifié ses frappes aériennes depuis l'annonce 
de l'accord américano-russe lundi. 
    Salem al Mouslet, porte-parole du HCN, a dit craindre le 
pire dans les jours à venir avant que l'accord entre en vigueur 
samedi. 
    "L'intensification des bombardements vise les zones d'Alep, 
de Homs et de Daraya (ville située au sud de Damas). Nous nous 
attendons à encore plus de raids de la part du régime et de la 
part de la Russie", a-t-il poursuivi. 
    "Nous examinons cet accord de trêve et nous nous inquiétons 
des zones d'ombre", a-t-il dit. "Nous n'avons pas d'objections 
s'il est appliqué d'une manière précise, sans que la Russie 
cherche à s'en servir comme excuse pour viser les factions 
révolutionnaires modérées". 
     
 
 (Patricia Zengerle avec Tom Perry à Beyrouth et Myriam Rivet à 
Paris; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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