Kerry défend l'accord nucléaire iranien devant les représentants

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WASHINGTON, 28 juillet (Reuters) - Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a défendu mardi l'accord sur le nucléaire iranien devant des parlementaires américains, en insistant notamment sur le fait qu'un rejet du texte par Washington donnerait le feu vert à Téhéran pour relancer son programme. "Certains ont tiré des conclusions qui ne correspondent pas à la réalité de ce que signifie cet accord. Et nous sommes impatients de clarifier les choses durant cette audition", a dit le secrétaire d'Etat américain devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. Le gouvernement américain a pris une part active aux négociations qui ont abouti le 14 juillet dernier à un arrangement entre la République islamique et les puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne). Mais il ne pourra l'appliquer pleinement qu'avec l'aval du Congrès, contrôlé par des républicains plutôt sceptiques à l'idée de dialoguer avec l'Iran. Selon une loi promulguée en mai dernier, le Congrès a jusqu'au 17 septembre pour approuver ou rejeter l'accord, qui encadre le programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions internationales. John Kerry, ainsi que le secrétaire au Trésor, Jack Lew, le secrétaire à l'Energie, Ernest Moniz, et le secrétaire à la Défense, Ash Carter, ont donc été mandatés pour tenter de vaincre les réticences des parlementaires. Selon le chef de la diplomatie, qui s'est déjà présenté la semaine dernière devant les membres de la commission des Affaires étrangères du Sénat, un rejet par le Congrès isolerait les Etats-Unis. "Si nous tournons le dos, nous tournons le dos seul", a-t-il mis en garde. "Nos partenaires ne seront pas avec nous." Le président de la commission de la Chambre des représentants, le républicain Ed Royce, a présenté un avis différent sur la question: une levée des sanctions constituerait selon lui une "énorme aubaine" pour Téhéran et nuirait à la capacité de Washington à faire pression sur les dirigeants iraniens. Certains élus démocrates ont également fait part de leur scepticisme, à l'image de Brad Sherman, élu californien, qui s'est inquiété du soutien apporté par l'Iran à des groupes hostiles à des alliés des Etats-Unis. "Les Iraniens soutiennent le Hamas, le Hezbollah et les Houthis, pour ne citer que les organisations dont le nom commence par la lettre H", a-t-il dit. (Patricia Zengerle et Doina Chiacu; Simon Carraud pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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