Kerry à Sotchi pour tester Poutine sur l'Ukraine et la Syrie

le , mis à jour à 17:26
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par Arshad Mohammed et Denis Dyomkin SOTCHI, Russie, 12 mai (Reuters) - John Kerry a rencontré mardi à Sotchi Vladimir Poutine, dans l'intention de tester sa souplesse dans le conflit ukrainien ainsi que dans son soutien au régime du président syrien Bachar al Assad. Avant d'entamer son entretien avec le président russe, le secrétaire d'Etat américain avait été reçu par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, avec qui il a discuté pendant plus de quatre heures. Le secrétaire d'Etat américain effectue là la visite de plus haut rang d'un responsable américain depuis le début des grandes manifestations en Ukraine fin 2013, qui ont débouché sur la chute du président Viktor Ianoukovitch et précédé le conflit séparatiste dans l'Est. Si John Kerry devait aborder différents dossiers comme les négociations sur le nucléaire iranien, le Yémen ou la Libye, son déplacement à Sotchi vise avant tout à maintenir le contact avec les Russes au moment où les relations entre Washington et Moscou n'ont jamais été aussi mal en point depuis la fin de la guerre froide. "Il est important pour nous de maintenir ces canaux de communication. Il est important d'essayer de parler à l'autorité suprême", a dit un responsable du département d'Etat aux journalistes accompagnant John Kerry. "Il y a beaucoup de choses à accomplir ensemble s'ils manifestent de l'intérêt à cela", a dit ce responsable, sous le couvert de l'anonymat. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitry Peskov, a estimé que cette rencontre était une avancée dans les relations. PARLER DU NUCLEAIRE IRANIEN "Par le dialogue, il est possible de trouver le moyen de normaliser la situation, d'accroître la coordination sur les problèmes internationaux", a-t-il dit avant le début de la rencontre Kerry-Poutine. "La Russie n'a jamais été à l'origine du refroidissement des relations", a-t-il assuré. Les relations bilatérales se sont détériorées notamment depuis mars 2014, quand la Russie a annexé la péninsule de Crimée, qui était ukrainienne depuis 1954. Moscou, de son côté, accuse Washington d'avoir orchestré la chute du président pro-russe Ianoukovitch et favorisé l'avènement de nouveaux dirigeants pro-occidentaux. Depuis la conclusion des accords de Minsk II, à la mi-février, Washington reproche aux Russes de ne pas avoir retiré de l'est de l'Ukraine leur matériel lourd, comme des batteries antiaériennes, des chars et de l'artillerie. S'il n'y a pas actuellement de signes manifestes d'une évolution de la position russe dans les dossiers ukrainiens et syriens, les autorités américaines espèrent que les récents revers militaires de l'armée syrienne pourraient conduire Moscou, allié au régime de Bachar al Assad, à changer d'attitude. Les insurgés syriens se sont emparés en avril de la ville de Djisr al Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, un mois après avoir pris celle d'Idlib, dans la même province. L'entourage de John Kerry estime en outre qu'il était important de rencontrer Poutine pour discuter de l'état d'avancement des négociations sur le nucléaire iranien, qui visent à trouver un accord définitif au plus tard le 30 juin, dans la foulée de l'accord-cadre conclu le 2 avril. (Eric Faye pour le service français)

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