Ken le survivant, aux origines de l'arbitrage moderne

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Ken le survivant, aux origines de l'arbitrage moderne
Ken le survivant, aux origines de l'arbitrage moderne

Il fut un temps où le football laissait les arbitres livrés à eux-mêmes. Bien avant le spray ou encore la goal-line technology, un homme avait décidé de faciliter leur rôle. Son nom : Ken Aston, ou l'histoire d'un militaire venu révolutionner l'arbitrage. Portrait d'un type dont personne ne contestait les décisions.

23 juillet 1966. L'Angleterre, chez elle, affronte l'Argentine en quarts de finale de Coupe du monde. À l'époque, les cartons jaunes et rouges n'existent pas encore. Mais, à défaut d'avoir ces objets de couleur vive, l'arbitre allemand de la rencontre, Rudolf Kreitlein, peut toujours utiliser sa voix pour signifier ses décisions aux vingt-deux acteurs présents sur le carré vert ce jour-là. Y compris quand il s'agit de renvoyer un joueur aux vestiaires. C'est d'ailleurs ce qu'il fera en avertissant Jack Charlton, frère de Bobby chez les Three Lions, et en expulsant Antonio Rattin, capitaine de l'Albiceleste, dès la 36e minute de la partie. Pourquoi ? La raison est encore floue aujourd'hui. Monsieur Kreitlein donnera tout de même sa version des faits peu de temps après : "Son regard était malintentionné, c'est pour cela que je me suis rendu compte qu'il m'avait insulté." Contestable, puisque ce dernier ne parle pas un mot d'espagnol. Tellement contestable que le milieu de terrain défensif ne daigne pas quitter la pelouse de lui-même et devra être escorté par deux policiers anglais.

À plusieurs dizaines de mètres de là, depuis les tribunes du Wembley Stadium, Kenneth George Aston, ancien arbitre et responsable de la nomination du corps arbitral lors de la compétition, observe la scène d'un œil avisé. Au coup de sifflet final – qui donnera la victoire à l'Angleterre (1-0) –, le natif de Colchester, dans le comté d'Essex en Grande-Bretagne, s'apprête à rentrer chez lui. Au même moment, Charlton apprend par la presse son avertissement et demande confirmation à Aston. Problème : cette question ne recevra pas de réponse, tout simplement parce que l'Anglais n'en a aucune idée. Sur le chemin du retour, agacé par ces interrogations, l'homme rumine, quand, arrêté à un feu de circulation, une idée lui vient. "Je conduisais sur Kensington High Street et le feu tricolore est devenu rouge. J'ai pensé : jaune, faites attention ! Rouge, dehors !", s'écria-t-il. En ce qui concerne la forme de l'objet, c'est la femme du bonhomme, Hulda, qui, après avoir été mise à contribution par son mari, s'enferme dans une pièce pour en sortir quelques minutes plus tard avec des cartons cousus main, conçus pour se glisser dans une poche de chemise. Un système compréhensible de chacun et permettant une transparence totale sur le pré comme pour les spectateurs en tribunes. Le projet est transmis à l'instance mondiale du…


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