Keïta futur président du Mali, Cissé admet sa défaite

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IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA PROCHAIN PRÉSIDENT DU MALI
IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA PROCHAIN PRÉSIDENT DU MALI

par Daniel Flynn et Tiemoko Diallo

BAMAKO (Reuters) - Ibrahim Boubacar Keïta devrait être prochainement proclamé président du Mali après avoir reçu les félicitations de son adversaire, Soumaïla Cissé, qui a reconnu lundi sa défaite au scrutin présidentiel destiné à stabiliser le pays.

Une fois que sa victoire sera officiellement confirmée, cet ancien Premier ministre de 68 ans entretenant une réputation d'homme à poigne aura notamment pour tâche prioritaire d'ouvrir des négociations avec les Touaregs du nord du pays, dont le soulèvement en début d'année 2012 a mené le Mali au bord de l'éclatement.

L'absence de contestation de la part de Soumaïla Cissé devrait lui conférer l'autorité suffisante pour engager ces discussions sur la préservation de l'unité du Mali, pour réformer l'armée et pour s'attaquer à une corruption jugée endémique dans les cercles du pouvoir.

"Ma famille et moi-même sommes partis chez M. Keita, futur président du Mali, le féliciter pour sa victoire. Que Dieu bénisse le Mali", a écrit Soumaïla Cissé sur son compte Twitter, au lendemain du second tour de l'élection présidentielle.

Quelques heures auparavant, cet ancien ministre des Finances originaire du nord du Mali dénonçait encore des fraudes électorales au profit de son adversaire. Cette reconnaissance rapide de sa défaite devrait finalement empêcher toute contestation de la légitimité d'Ibrahim Boubacar Keïta dans ses nouvelles fonctions de chef de l'Etat.

Ce dernier, surnommé IBK, était le grand favori du second tour de la présidentielle. Il était arrivé largement en tête du premier tour le 28 juillet, avec quasiment 40% des suffrages et 20 points d'avance sur Soumaïla Cissé. Promettant de rétablir l'autorité de l'Etat au Mali, il a ensuite bénéficié du ralliement du 22 des 25 candidats éliminés au premier tour.

IBK EN TÊTE MÊME À GAO

Soumaïla Cissé a décidé de reconnaître sa défaite dès lors qu'il est apparu évident qu'IBK était en tête même à Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a dit un de ses porte-parole.

Malgré quelques irrégularités marginales, les observateurs maliens et internationaux ont salué le déroulement de l'élection.

"Cette élection, du point de vue des normes démocratiques, est un succès", a ainsi déclaré Louis Michel, chef de la mission d'observation de l'Union européenne.

"C'est une élection qui permet désormais au Mali d'entamer la conclusion d'un processus en cours: le retour à une démocratie normale", a-t-il ajouté.

Cette élection présidentielle est censée refermer une parenthèse ouverte en mars 2012 par un coup d'Etat d'officiers subalternes mécontents de l'incapacité du président de l'époque, Amadou Toumani Touré, à mater une rébellion de Touaregs.

Ces derniers ont ensuite été évincés par leurs alliés islamistes, qui ont pris le contrôle de la plus grande partie du nord du pays avant d'en être chassés par l'armée française, intervenue en janvier dernier pour les empêcher de fondre sur Bamako.

Le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des trois principaux groupes islamistes à l'oeuvre en 2012 dans le nord du Mali, avait menacé de perturber le déroulement de l'élection présidentielle mais il n'en a rien été alors que l'Onu est en train de déployer une force de maintien de la paix de 12.600 casques bleus, baptisée Minusma.

La France entend pour sa part maintenir au Mali une force de réaction rapide d'un millier de soldats.

"C'était une étape importante dans la transition au Mali vers la paix et la réconciliation", a déclaré le représentant spécial de l'Onu, Bert Koenders. "Il y a eu de petites imperfections (...) mais l'absence de violences a été impressionnante dans un pays sortant à peine d'un conflit."

Avec Adama Diarra, Jean-Loup Fiévet et Bertrand Boucey pour le service français

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