Keiko Fujimori vire en tête au premier tour de la présidentielle au Pérou

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 (Actualisé avec sondages sorties des urnes) 
    par Caroline Stauffer et Mitra Taj 
    LIMA, 10 avril (Reuters) - Keiko Fujimori, dont le nom 
suscite autant la haine que l'admiration dans son pays, est 
arrivée en tête dimanche du premier tour de l'élection 
présidentielle au Pérou mais l'incertitude demeure sur 
l'identité du candidat qui l'affrontera au deuxième tour. 
    Les sondages réalisés à la sortie des urnes créditent la 
fille de l'ancien président Alberto Fujimori, emprisonné pour 
violation des droits de l'homme et corruption, d'un score 
compris entre 37,8 et 39,9% des voix. 
    Le septuagénaire Pedro Pablo Kuczynski, ex-Premier ministre 
et ancien économiste de la Banque mondiale, est crédité lui de 
19,7% à 20,9% des voix. 
    Classée troisième, et donc a priori éliminée, par les 
projections diffusées par trois instituts de sondage à la 
clôture des opérations de vote, à 21h00 GMT, la candidate de 
gauche Veronika Mendoza, 35 ans, le talonne avec un score 
oscillant entre 18,8% et 20,3%.  
    Cette élue de Cuzco, qui a fait une partie de ses études en 
France, veut en finir avec un quart de siècle de modèle 
économique libéral et rédiger une nouvelle constitution. 
    Les premiers résultats officiels sont attendus plus tard 
dans la nuit. 
    Les sept autres candidats encore en lice pour succéder à 
Ollanta Humala, qui ne pouvait pas se représenter après avoir 
effectué le seul mandat de cinq ans permis par la Constitution, 
sont eux décrochés. 
    Samedi matin, quatre personnes, dont deux militaires, ont 
été tuées et cinq autre blessées dans une attaque attribuée par 
les autorités aux rebelles maoïstes du Sentier lumineux. 
    L'embuscade s'est produite dans une région productrice de 
coca alors que des militaires transportaient du matériel de 
vote, a indiqué le chef des forces armées, Jorge Moscoso, lors 
d'une conférence de presse. 
    Le Sentier lumineux a été quasiment démantelé dans les 
années 1990, au terme d'une campagne d'une dizaine d'années qui 
a fait 69.000 morts sous la présidence d'Alberto Fujimori, mais 
des centaines d'insurgés contrôlent toujours des territoires 
dans la zone de production de coca située dans la jungle. 
    "Ces attaques ne devraient se produire nulle part dans le 
monde, encore moins dans notre pays", a déclaré Fujimori 
dimanche.  
 
 (avec Marco Aquino et Teresa Cespedes; Tangi Salaün, Guy 
Kerivel, Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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