Kei le survivant

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Kei le survivant
Kei le survivant

Ce dimanche soir a lieu la grande finale de la saison 2015 de MLS entre Columbus Crew et Portland Timbers. Avec, dans les rangs du Crew, le prolifique buteur Kei Kamara. Né en Sierra Leone, il a connu la guerre civile, a échappé à un destin d'enfant soldat, a fui son pays en bateau, a transité dans un camp de réfugiés avant de partir faire sa vie aux États-Unis. Un itinéraire fou, fou, fou.

" En se levant le matin, on voyait des cadavres dans les rues. Les vautours étaient déjà à l'œuvre. " Quand Kei Kamara parle de son enfance, on est frappé par le contraste entre sa voix douce et l'horreur des scènes qu'il décrit. Le Sierra-Léonais ne s'est pas souvent exprimé sur sa vie d'avant l'exil. Il l'a fait pour un article paru sur le site de la FIFA, dont est issue cette citation, et plus longuement pour un documentaire qui lui a été consacré, diffusé il y a quelques semaines sur la très bonne chaîne YouTube de la MLS. Kamara se raconte, calmement, non sans émotion mais avec le recul du néo-trentenaire père de famille qu'il est aujourd'hui. De ses premières années, il se souvient de temps heureux et paisibles, malgré la misère et le départ de sa maman vers les États-Unis alors qu'il n'a que 6 ans, pour aller chercher l'argent qui manque au foyer. Le jeune Kei est alors élevé par sa tante, qui le considère comme un fils.

300km à pied


Mais les Kamara vivent à Kenema, la troisième ville du pays, au sud-est du pays, qui vit principalement du commerce des diamants. Un commerce qui provoque de telles tensions qu'une guerre civile violente éclate en 1991 dans la région pour se propager dans tout le pays. Ce conflit restera comme étant " la guerre des diamants " et fera entre 100 000 et 200 000 morts ainsi qu'un tiers de déplacés. Kei Kamara est l'un d'eux. Après avoir vécu l'horreur des massacres en pleine rue et l'enrôlement de copains d'école comme enfants soldats, il quitte Kenema avec sa tante et ses cousins, à pied, direction la capitale Freetown dans un premier temps, à 300km. Mais là non plus, la vie n'est pas sûre, alors il embarque dans une embarcation de fortune pour quitter le pays et rejoindre un camp de réfugiés en Gambie, plus au nord.

Il y restera près de deux ans, entre ses 14 et ses 16 ans. Finalement, après une interminable attente, Kamara l'exilé finit par recevoir le feu vert des autorités américaines pour partir rejoindre sa mère aux États-Unis. La famille recomposée s'installe en banlieue de Los Angeles, et l'ado de Kenema débute une seconde vie dans son pays d'adoption. Il comble vite son retard scolaire et achève son intégration par le biais du soccer, un sport qu'il pratique depuis tout gamin et où il impose son physique dans les…




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