Kayser : " Bien sûr qu'on s'en veut ! "

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Kayser : " Bien sûr qu'on s'en veut ! "
Kayser : " Bien sûr qu'on s'en veut ! "

Remplaçant depuis le début de la Coupe du monde, Benjamin Kayser a employé un discours très fort lors du point presse de ce mardi. Le talonneur des Bleus espère réussir " quelque chose de spécial " samedi contre les Blacks et appelle ses coéquipiers à n'avoir aucun regret à l'issue du match.

Benjamin Kayser, Philippe Saint-André a parlé de révolte et de colère pour préparer ce quart de finale. Qu’en pensez-vous ?
Révolte, je ne sais pas. Colère, je suis complétement d’accord. C’est un quart de finale de Coupe du monde, contre les Blacks au Millennium. C’est un match qui va rester gravé dans nos têtes très longtemps. L’idée c’est de n’avoir absolument aucun regret et de se préparer à une révolte, d’avoir énormément de colère pour exprimer notre potentiel maximal. On sait que si on joue le match proprement, si on essaye d’être discipliné dans ce qu’on est capable de faire, ça ne suffira pas. On a envie d’aller chercher quelque chose de spécial, de pas ordinaire. Pour faire ça, tous les mots sont bons mais on veut vraiment essayer d’aller chercher quelque chose de spécial.

Quelque chose que vous n’avez pas encore montré dans cette compétition…
Bien sûr. On n’est pas complètement satisfaits de nos performances, mais on est aussi sûrs qu’on est capables de montrer encore de belles choses. On veut aller chercher quelque chose de spécial, c’est ce sur quoi on va beaucoup travailler cette semaine. D’un point de vue psychologique, d’un point de vue tactique, pour n’avoir absolument aucun regret.

Que devez-vous faire pour avoir une chance ?
Il ne faut pas que chaque joueur de l’équipe de France fasse le match de sa vie. Il faut que l’équipe dans sa globalité fasse un match exceptionnel. On ne va pas demander à tout le monde de traverser le terrain, on va demander à tout le monde d’aller chercher une férocité, une envie de bien faire légèrement différente de d’habitude. Le principe même de ce sport c’est qu’à quinze on va réussir à faire quelque chose de grand.

« Il nous faut quelques chose de spécial, de presque intouchable »

Comment expliquez-vous que vous n’avez pas réussi à battre l’Irlande en quatre ans, et encore dimanche ?
En quatre ans, je ne vais pas répondre à cette question. Après, sur le dernier match, on n’a pas scoré dans nos temps forts. On a défendu comme des acharnés pendant un moment mais on n’a pas su exploiter le peu de bons ballons qu’on a eu, notamment parce qu’on a été particulièrement contrarié en conquête en touche. On aurait aimé montrer autant de férocité en attaque qu’en défense. Est-ce qu’on s’en veut ? Bien sûr ! On est tombé sur une belle équipe d’Irlande mais on s’en veut à nous en premier. On aurait aimé concrétiser nos offensives, réussir à ne pas être uniquement satisfaits de notre défense. Le but était de gagner ce match, on n’a pas fait exprès de le perdre…

Beaucoup de joueurs de cette équipe ont gagné des titres en Top 14 ou en Coupe d’Europe pourtant…
Je pense que ce n’est absolument pas comparable. Ce n’est pas la même équipe, ce n’est pas la même compétition et pas le même niveau. Sur le papier, peut-être que les matchs se ressemblent et qu’on a l’impression que c’est la même chose mais honnêtement, ce sont deux histoires différentes. On peut mettre des mots de révolte, de colère, de déclic, mais ce qu‘il nous faut, c’est un moment très spécial, quelque chose de presque intouchable et d’imperceptible samedi. L’idée est surtout de ne pas avoir de regrets, de tout donner.

« Vivre le plus grand moment de notre carrière »

On n’arrête pas de vous dire que c’est la Nouvelle-Zélande la meilleure équipe de la planète, donc autant se lâcher complètement et se faire plaisir ?
Oui, se faire plaisir. Après on ne va pas jouer à la baballe. Si on croit réellement en nos intentions et à ce qu’on clame depuis le début de la compétition, à savoir qu’on veut aller loin, quoiqu’il arrive il faudra battre les meilleures équipes au monde. Ce n’est pas le scénario idéal car on aurait voulu finir premiers de la poule. Maintenant c’est un quart de finale de Coupe du monde. On ne va pas y aller en ayant déjà préparé les bagages et en se disant « régalons-nous sur le terrain et tant pis si on en prend 30 ». Ce n’est pas ça l’idée. Sur tous les matchs de l’équipe de France, on se dit « jouons le comme si c’était le dernier. » Donc là, ça va être un moment encore plus particulier, parce qu’on va être déchargé d’une certaine pression et tant mieux.

Est-ce qu’elle a des failles cette équipe de Nouvelle-Zélande ?
Comme toutes les équipes, elle a des failles. Ils ont des points forts et des points faibles. Si on les regarde jouer, ce n’est pas la peine d’y aller. Si on n’est pas disciplinés sur nos lancements et notre conquête, ce n’est pas la peine d’y aller. Mais ils ont des failles. Après évidemment c’est une très grande équipe pour laquelle on a le plus grand des respects. Mais avoir du respect pour eux, c’est d’essayer d’aller les battre samedi pour peut-être vivre le plus grand moment de notre carrière.

C’est une équipe qui a beaucoup travaillé devant et aujourd’hui c’est quasiment ce qui se fait de mieux…
Est-ce qu’en 2007 ils étaient mauvais en mêlée ? Je ne sais pas. Ca fait bien longtemps qu’ils ont rectifié le tir, ça fait un bon moment que ce n’est plus d’actualité qu’ils ne sont pas bons devant.

« Le haka ne décidera pas du match »

Quel souvenir gardez-vous de 2007 ?
J’avais vu un tout petit bout du match parce qu’à l’époque je jouais à Leicester et on avait un match ce soir-là. J’avais vu les cinq dernières minutes et j’avais revu le match après. C’était un match incroyable, d’une intensité inouïe. L’équipe de France ne s’était pas posée de questions, ils se sont dits « c’est un match de rugby, on n’est pas là pour faire de la figuration, on va s’envoyer comme des fous, et on tirera les conclusions à la fin. »

Faut-il défier le haka ?
(Il réfléchit longuement). Je pense que le haka est une invitation au combat et à la guerre et que le meilleur moyen de le défier est de répondre présent sur le terrain, tout simplement. Contrer le haka ? Moi je suis pour ce qui est bon pour l’équipe de France. On ne peut pas se rajouter plus de pression que d’en découdre sur le terrain. Le haka ne décidera pas du match.

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Newport, Jean-François Paturaud

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