Karlsruhe fait baisser le rendement d'adjudication italienne

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LA DÉCISION DE LA COUR DE KARLSRUHE FAIT BAISSER LE RENDEMENT D'ADJUDICATION ITALIENNE
LA DÉCISION DE LA COUR DE KARLSRUHE FAIT BAISSER LE RENDEMENT D'ADJUDICATION ITALIENNE

MILAN/LONDRES (Reuters) - Le coût d'emprunt à un an de l'Italie est tombé à son niveau le plus bas depuis mars après que la cour constitutionnelle allemande eut donné son feu vert au Mécanisme européen de stabilité (MES) et au nouveau programme de rachat d'obligations de la Banque centrale européenne (BCE).

En revanche, une adjudication de papier allemand a suscité moins de demande qu'auparavant, signe que la décision de Karlsruhe rend les titres plus risqués, italiens par exemple, plus attrayants, au détriment de ceux jugés plus sûrs.

Rome a versé un rendement de 1,69% mercredi en adjudication, contre 2,77% un moins plus tôt et près de 4% à la mi-juin.

Le Trésor italien a vendu neuf milliards d'euros de bons à un an et trois milliards d'euros de bons à trois mois, comme prévu, avec un ratio de couverture de 1,65 pour le un an, contre 1,69 mi-août.

La tâche sera plus difficile jeudi, lorsqu'il s'agira de placer jusqu'à 6,5 milliards d'euros d'obligations à trois et 15 ans notamment, même si les tensions sur le marché se sont apaisées depuis que la BCE a annoncé la semaine dernière son programme de rachat d'obligations souveraines de pays de la zone euro en difficulté.

C'est le papier court qui bénéficie le plus du rally du marché dans la mesure où la BCE ne rachètera en principe que des titres n'excédant pas trois ans de maturité.

"Les échéances courtes italiennes sont devenues plus compétitives et il faut à présent que la baisse des rendements se propage à des échéances plus longues, à partir de cinq ans et surtout dans le segment 10-30 ans", explique Alessandro Giansanti, stratège obligataire d'ING.

LES TAUX NÉGATIFS, C'EST DU PASSÉ

En Allemagne, la demande résultant de l'adjudication de 3,97 milliards d'euros d'obligations à cinq ans, au coupon de 0,5%, a représenté un petit peu plus de la moitié de celle observée lors d'une adjudication similaire en août.

Le rendement moyen a été de 0,61% contre 0,31% en août. Il reste toutefois inférieur à la moyenne annuelle.

L'adjudication la semaine dernière de Bund à 10 ans avait suscité une demande qui ne couvrait même pas l'offre. Ce n'était que la deuxième fois que cela s'était produit cette année.

"Globalement, l'adjudication a été médiocre mais c'était prévisible vu que les marchés ont plus le goût du risque et au vu aussi de la décision de la cour constitutionnelle", commente Artis Frankovics (Nomura, Londres).

Jusqu'alors, les investisseurs qui cherchaient à se protéger de la crise de la dette de la zone euro se ruaient sur les obligations allemandes, au point que le rendement sur le papier court est devenu négatif dans le courant de l'année.

"L'adjudication d'aujourd'hui et celle de Bund de la semaine passée montrent à l'évidence que les investisseurs renâclent à acheter des obligations allemandes à des niveaux (de rendement) aussi faibles et plus on avancera, plus des taux de rendement réels négatifs apparaîtront comme étant du passé", commente Nick Stamenkovic (RIA Capital Markets).

Pour autant, la demande de papier aux échéances les plus courtes est resté relativement substantielle, de tels actifs constituant toujours une part importante des portefeuilles d'investissement.

Le rendement de l'obligation allemande à cinq ans perdait 5 points de base à 0,53%, sans grand changement par rapport à son niveau pré-adjudication.

Silvia Aloisi et Nigel Stephenson, Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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