Karavel-Promovacances prévoit d'investir E40 millions dans Fram

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TOULOUSE, 5 novembre (Reuters) - Karavel-Promovacances, qui s'est positionné pour la reprise de Fram, prévoit de consacrer quelque 40 millions d'euros au rachat éventuel du voyagiste et se donne jusqu'à 2018 pour le remettre à flot, a-t-on appris jeudi auprès du groupe. En difficulté depuis plusieurs années, le tour-opérateur toulousain Fram vient de déposer le bilan et a été placé le 30 octobre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse, avec une période d'observation de six mois. Le tribunal a fixé au 18 novembre l'audience au cours de laquelle il examinera d'éventuelles offres de reprise du groupe, à commencer par celle de Karavel-Promovacances. Depuis le retrait de l'offre du conglomérat chinois HNA, associé à Afat-Selectour, le 19 octobre, le groupe français de vente de voyages en ligne reste le seul repreneur potentiel connu. La société d'investissement LBO France, actionnaire à 76% du groupe Karavel-Promovacances, a confirmé la semaine dernière avoir déposé "une offre de reprise du groupe Fram dans le cadre d'un plan de cession concerté et immédiat, dit pré-pack". Cette procédure de sauvegarde accélérée et applicable depuis le 1er juillet 2014 permet de raccourcir les délais pour une cession une fois la procédure collective ouverte. Le plan de redressement de LBO France prévoit la reprise de 77% des effectifs actuels, soit 356 CDI et l'ensemble des contrats non permanents de Fram. Sur les 50 agences de voyages détenues en propre par Fram, 35 seraient conservées, a indiqué à Reuters un porte-parole du groupe Karavel-Promovacances. 35 MILLIONS D'EUROS DE DETTES Il consisterait à "adosser opérationnellement" Fram à Karavel, ce qui permettrait au voyagiste, selon la société d'investissement, de "bénéficier de nombreuses synergies, commerciales, technologiques et opérationnelles, ainsi que du soutien financier de LBO France". A l'issue du placement de Fram en redressement judiciaire, Laye Simakha, secrétaire du comité d'entreprise et délégué syndical CGT a dénoncé « l'aveuglement coupable du directoire, de certains actionnaires et des errements du mandataire ad hoc » de Fram qui ont conduit le voyagiste au dépôt de bilan. Après plusieurs années de déficit, le groupe toulousain dont l'endettement est estimé à 35 millions d'euros par Karavel avait annoncé au mois de juin avoir engagé un processus d'ouverture de son capital afin « d'assurer (sa) pérennité », celle de son réseau d'agences Fram Agences (250 salariés) et de sa filiale low-cost Plein Vent (70 personnes), rachetée en 2009. Le groupe Fram, qui compte au total 650 salariés dont 400 à Toulouse, a été fondé en 1949. Touché de plein fouet par le "printemps arabe", les récents attentats en Tunisie et, plus largement, par la désaffection des clients pour cette région, Fram a connu plusieurs années de pertes qui l'ont conduit à procéder à un plan social en 2012 et à se séparer de plusieurs hôtels au Maroc fin 2014. En 2014, le groupe a fait voyager quelque 400.000 personnes et a enregistré un chiffre d'affaires de 373 millions d'euros, en baisse de 8% par rapport à 2013. Le groupe Karavel, qui revendique la place de numéro un français de la vente de séjours sur internet, a racheté en 2001 l'agence de voyage en ligne Promovacances. Il détient aussi les marques PartirPasCher, Un Monde à Deux, AB Cruises et PromoCroisière. En 2013, le groupe a dégagé un volume d'affaires de 430 millions d'euros. (Johanna Decorse, édité par Sophie Louet)

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